Programme

CO49-003

Communication Orale

Reprise de la conduite automobile après lésion cérébrale acquise non évolutive: quel accompagnement proposer après la phase d'évaluation?

Dr Anne-Claire D'APOLITOa, Dr Jean-Michel LE GUIETb, Pr Jean-Michel MAZAUXc, M. Catherine ROSSIGNOLd, Dr Michel BUSNELe, Dr Francis LEMOINEf

a AP-HP - Hôpital R.Poincaré, b Centre mutualiste de Kerpape, c Université et CHU de Bordeaux, d UGECAM Tour de Gassies, e Comete France, f Ugecam Centre Hélio Marin

Il existe un consensus sur la nécessité d'évaluer l'impact d'une lésion cérébrale acquise non évolutive (AVC, TC, anoxie cérébrale et encéphalite) sur la reprise de la conduite automobile. Il s'agit d'un processus dynamique dont l'évaluation ne constitue qu'une étape. Elle doit être complétée, en fonction de ses conclusions, par un accompagnement individualisé centré sur la personne. Des questions telles que la place du processus rééducatif, les modalités d’accompagnement et la place de la personne ont été posées aux experts pour ces recommandations élaborées sous l'égide de la Société de Médecine Physique et de Réadaptation (SOFMER) et d’autres promoteurs impliqués, selon le processus de la Haute Autorité de Santé (HAS).

Objectif. Déterminer, dans l'objectif du maintien d'une autonomie optimale, les modalités pratiques d'accompagnement des personnes, que les conclusions des évaluations soient favorables ou défavorables.

Méthode. 77 articles parmi 326 références retenues ont été analysés et discutés par un groupe de travail multidisciplinaire. L’avant-projet élaboré a été soumis à un groupe de lecture et amélioré conformément aux recommandations, puis soumis à la HAS.

Résultats. En cas d'évaluation favorable : informer sur les démarches (administratives, financières) pour la régularisation du permis de conduire. En cas d’aménagement du poste de conduite, un apprentissage est nécessaire jusqu’à leur maitrise. Les informations utiles à leur mise en œuvre (choix, coût, financement…) sont apportées. En cas d'évaluation défavorable : étudier, en fonction de l’histoire de la maladie, les possibilités de rééducation cognitive. En l’absence d’anosognosie, un réentrainement sur route peut-être proposé, sans que l’efficacité puisse être garantie. Celui-ci n’excèdera pas 10h et devra être interrompu en l'absence de progrès après quelques séances. Des informations sur les alternatives à la conduite (modalités, financements disponibles…) doivent être apportées à la personne, si possible accompagnée d'un proche, pour aider au maintien de la mobilité et la participation sociale. L'annonce doit être faite avec empathie, prenant en compte le vécu de la personne.

Discussion/Conclusion. La place de la personne est centrale. Le rôle de l'information est essentiel avec des modalités de transmission orale et écrite, des critères de progressivité, de prise en compte du vécu et du ressenti.

Mots clés : Conduite automobile, lésion cérébrale acquise, réadaptation