Programme

CO19-005

Communication Orale

Trois semaines passées en unité de rééducation post-réanimation réduisent significativement la dépendance du cérébrolésé sévère sortant de l'hôpital

Dr Lydia OUJAMAAa

a CHU Grenoble

Introduction

La plasticité cérébrale est une variable dépendante du temps pour la récupération neurologique après cérébrolésion.

Objectif

Quantifier le bénéfice fonctionnel d’un court séjour en rééducation post-réanimation pour des cérébrolésés sévères.

Matériels et Méthodes

Cette étude rétrospective a été réalisée dans le service de rééducation post-réanimation (SRPR) du département d’anesthésie réanimation du CHU de Grenoble entre 2011 et 2013. Elle concernait les cérébrolésés sortant de neuroréanimation

Nous avons relevé les durées de séjour (DS) et la mesure d’indépendance fonctionnelle (MIF: score total, MIFc: score cognitif et social, MIFm: score moteur) à l’admission et à la sortie du SRPR.

Au SRPR, la rééducation durait 2h/j, 5j/semaine (orthophonie, ergothérapie, kinésithérapie et soutien psychosocial).

Résultats

Cent soixante-deux patients ont été inclus, d’âge médian 56 ans avec un ratio femme/homme à 0,6.

Soixante-dix-neuf souffraient d’un traumatisme crânien (TC), 31 d’une hémorragie sous arachnoïdienne, 52 d’un accident vasculaire cérébral.

La DS médiane était de 28 jours en réanimation, 22 jours au SRPR. La MIF médiane d’entrée au SRPR : 22 points (MIc : 9, MIFm : 13). Gain MIF médian post SRPR : + 20 points (MIFc +6, MIFm +14).

Il n’y avait pas de différence statistique entre les traumatisés crâniens et les autres causes de lésion cérébrale.

Considérant les TC : nous avons diagnostiqué 13 états de conscience altérés (ECA) et 53 cas d’amnésie post-traumatique. Pour les cérébrolésés vasculaires : 3 locked in syndrome, 16 mutismes akinétiques, 32 syndromes dysexécutifs sévères et 17 cas d’aphasie sévère.

Si nécessaire, une neurochirurgie était programmée pendant le séjour pour accélérer la récupération fonctionnelle (cranioplastie, drainage du liquide cérébrospinal).

De l’amantadine était administrée dans les cas d’ECA. Tout traitement susceptible de réduire les capacités intellectuelles du patient était évité. La rééducation visait l’obtention d’une communication fonctionnelle, la réduction de l’anxiété et de l’insomnie, la récupération de la déglutition, la mobilité en fauteuil roulant et le sevrage de tout cathétérisme.

Conclusion

Trois semaines de rééducation précoce spécialisée, immédiatement après un séjour en neuroréanimation, potentialisent la récupération fonctionnelle des cérébrolésés sévères. Ainsi les patients sont adressés aux centres de rééducation conventionnels avec une moindre dépendance et une plus grande sécurité.

Mots clés : Cérébrolésion, rééducation précoce, soins de post-réanimation