Programme

CO01-006

Communication Orale

L'imagerie motrice est-elle une bonne façon d'étudier la réorganisation cérébrale après AVC ?

Mme Claire KEMLIN-MÉCHINa, M. Eric MOULTONb, Dr Charlotte ROSSOa

a APHP, Urgences Cérébro-Vasculaires, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris, France, b CONAM, UPMC Paris 6, Inserm, U1127, CNRS, UMR 7225, Paris, France

Introduction. L’imagerie motrice est parfois utilisée pour évaluer la réorganisation cérébrale des patients présentant un déficit moteur suite à un accident vasculaire cérébral (AVC). Or la littérature actuelle ne permet pas d’affirmer l’existence d’une corrélation entre les performances motrices réelles et les capacités d’imagerie motrice des patients à la phase subaiguë, corrélation nécessaire pour utiliser l’imagerie motrice comme moyen d’imager la réorganisation cérébrale post-AVC. L’objectif de l’étude est de comparer les capacités d’imagerie motrice implicite et explicite de patients AVC et de sujets sains, de les comparer à leurs performances motrices réelles et de déterminer le rôle de la taille et de la localisation de la lésion sur leurs capacités.

Méthode. Vingt-deux patients à la phase subaiguë après un AVC et 22 sujets sains ont réalisé des tâches d’imagerie motrice implicite et explicite (Hand Laterality Judgment Task -HLJT- et mouvements de la main exécutés et imaginés sans rythme imposé) ainsi qu’une évaluation motrice (force de serrage maximale et Jebsen Taylor Test -JTT-). Des ANOVA ont permis d’étudier les différences existant entre les patients et les sujets sains et l’impact de la lésion sur les capacités d’imagerie motrice. La relation entre les capacités d’imagerie et les performances motrices a été analysée grâce à des coefficients de corrélation.

Résultats. Pour l’imagerie implicite, les patients présentaient un temps de réaction plus long que les sujets sains (p≤0.03) mais partageaient des caractéristiques similaires (effet angle: p≤0.01). Pour l’imagerie explicite, les patients étaient plus lents que les sujets sains pour la main parétique en condition exécutée (p=0.04) et tendaient à l’être également pour la condition imaginée (p=0.06). Les patients et les sujets sains présentaient une congruence temporelle (p≤0.004), exceptés pour la main parétique chez les patients ayant une lésion cérébrale droite ou une atteinte pariétale. Enfin, chez les patients, les performances d’imagerie n’étaient pas corrélées avec les performances motrices réelles.

Discussion. Les capacités d’imagerie motrice sont perturbées à la phase subaiguë et ne sont pas corrélées aux performances motrices réelles des patients, ce qui rend l’utilisation de l’imagerie motrice peu pertinente dans l’étude de la réorganisation cérébrale.

Mots clés : AVC, imagerie motrice, réorganisation cérébrale