Programme

CO40-006

Communication Orale

Description et prise en charge de troubles vésico-sphinctériens liés au Chikungunya au CHU de Fort-de-France.

Mlle Sarah REMISSEa, Dr Odile TROIGROSa, Dr Pascale OLIVEa, Dr José-Luis BARNAYa, Dr Benoît ROZÉa, Dr Sandrine PIERRE-FRANÇOISa, Pr André CABIÉa, Dr Emilie JAVELLEa, Dr Patrick RENÉ-CORAILa

a CHU de Fort-de-France

Objectif . Le Chikungunya est un arbovirus transmis par les piqûres de moustique du genre Aedes. Des épidémies ont été rapportées à la Réunion en 2005-2006 puis aux Antilles françaises, dont la Martinique en 2014. Le chikungunya se traduit par des polyarthralgies fébriles en phase aigüe. Une chronicisation des douleurs peut apparaître. Par ailleurs, les patients ont rapportés des troubles vésicosphinctériens à toutes les phases de la pathologie (aigue, subaigue, chronique). Ces troubles vésico-sphinctériens post-chikugunya ont été décrit 1 fois dans la littérature par une équipe indienne [1] en 2006-2007.

Le but de cette étude est d’objectiver ces troubles et d’en faire la description.

Méthodes. Passation d’un questionnaire de dépistage de signes fonctionnels urinaires lors des consultations spécialisées CHIK au CHU de Fort-de-France. Inclusion des patients depuis janvier 2015 afin d’explorer ces troubles en bilan urodynamique et d’en effectuer la prise en charge.

Résultats. Recrutement de 51 patients. Au niveau clinique : 58% ont une urgenturie, 66% ont une pollakiurie nocturne, 45% ont une incontinence urinaire à l’effort, 15% ont une pollakiurie diurne, 7 % ont une énurésie et 27% ont une dysurie. Les bilans urodynamiques retrouvent une hyperactivité détrusorienne dans 57% des cas associée ou non à une dyssynergie vésico-sphinctérienne (42%), ou une insuffisance urétrale (42%). Dysurie à la débitmétrie dans 42% des cas.

Discussion. Les troubles vésico-sphinctériens en phase aigüe du chikungunya sont fréquents. Tout comme l’atteinte articulaire, ils peuvent se chroniciser. Les hypothèses physiopathologiques concernant l’étiologie sont une myélopathie ou une neuropathie. L’évolutivité des symptômes est encore incertaine. Une étude assurant le suivi des patients est en cours.

1. Baishya, R., Jain, V., Ganpule, A., Muthu, V., Sabnis, R. B., & Desai, M. R. (2010). Urological manifestations of Chikungunya fever: A single centre experience. Urol Ann. 2010;2:110-3

Mots clés : Chikungunya, troubles vésico-sphinctériens, hyperactivité détrusorienne