Programme

CO35-002

Communication Orale

Réduction persistante de l’asymétrie posturale par adaptation prismatique après AVC droit chronique sans négligence.

M. Aurelien HUGUESa, Mme Julie DI MARCOa, Mme Marine LUNVENb, Pr Sophie JACQUIN-COURTOISa, Pr Yves ROSSETTIc, Pr Isabelle BONANd, Pr Gilles RODEa

a Service de médecine physique et réadaptation, hôpital Henry-Gabrielle, Hospices Civils de Lyon, 20, route de Vourles, 69230 Saint-Genis-Laval, France; Inserm UMR-S 1028, CNRS UMR 5292, impAct, Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon, université Lyon, b Inserm U1127; UPMC-Paris 6; CNRS UMR 7225, Brain and Spine Institute, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris, France, c Inserm UMR-S 1028, CNRS UMR 5292, impAct, Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon, université Lyon 1, 16, avenue Lépine, 69676 Bron, France; Plate-forme « Mouvement et Handicap », hôpital Henry-Gabrielle, Hospices Civils de Lyon, d Service de médecine physique et de réadaptation, CHU Rennes, 35033 Rennes, France.

Contexte : Après AVC droit, les patients présentent des désordres posturaux, marqués par une posture déviée vers la droite, en lien avec des perturbations des représentations spatiales. Cette asymétrie posturale peut être réduite immédiatement après adaptation prismatique (AP) à un stade précoce (Tilikete et al. 2001).

Objectif : Evaluer les effets durables potentiels de l’AP sur la posture et les cadres référentiels spatiaux à un stade chronique après lésion cérébrale droite.

Méthode : Six patients hémiparétiques gauches chroniques, non négligents ont été inclus (Délai moyen depuis AVC : 45 mois). Tous ont suivi 1 séance quotidienne d’AP pendant deux semaines. 3 évaluations avant et après (+2h, J+3 et J+7) ont porté sur : i) la posturographie (dont la position médiolatérale du centre de pression (Xcdp), ii) la perception du droit devant manuel (DDM) et de l’axe longitudinal corporel (AL) et iii) la Scale for Controversive Pushing (SCP). Les BBS, PASS, TUG et Barthel ont été mesurés.

Résultats : En pré-tests, tous les patients présentaient une déviation du Xcdp vers la droite et du DDM (4 à gauche, 2 à droite). 4 patients montraient une déviation de l’AL (2 à droite, 2 à gauche). Tous présentaient un déséquilibre fonctionnel et une perte d’autonomie. En post-interventions, les résultats montraient : i) une réduction significative de l’asymétrie posturale médiolatérale à J+7, ii) une déviation significative du DDM vers la gauche à J+3 et persistante à J+7, iii) une absence de modification significative de l’AL et iiii) une amélioration significative de la SCP à J+3 et J+7. Il existait aussi une augmentation significative des scores BBS et PASS à J+7. L’évolution des courbes moyennes du Xcdp (yeux ouverts) et du DDM était similaire.

Conclusion : L’AP réduit durablement l’asymétrie posturale chez des patients cérébro-lésés droits non négligents. Ces résultats ont été obtenus au stade chronique. Ce nouvel effet ne peut s’expliquer par une réduction du biais attentionnel. L’amélioration peut être expliquée par une meilleure calibration de l’espace péri-personnel utilisé pour la posture, sans effet sur l’espace personnel. Ces résultats plaident pour une action « bottom-up » de l’AP sur les mécanismes sous-tendant la cognition spatiale.

Mots clés : Hémiplégie, AVC, cognition spatiale, représentation spatiale, adaptation prismatique, rééducation, posture, équilibre, référence égocentrique, droit devant