Programme

CO45-006

Communication Orale

« Il faut avoir mal pour être efficace » enfants avec paralysie cérébrale et expériences de kinésithérapie.

Dr Hélène SAUDREAU BOTHORELa, Dr Laetitia HOUXb, Dr Philippe LE MOINEb, Mme Claire MORVANb, Dr Mathilde CREUSATa, Dr Véronique TSIMBAa, Pr Olivier REMY-NERISb, Pr Jean-Yves LE RESTEb, Dr Sylvain BROCHARDb

a Centre Mutualiste de Rééducation et Réadaptation Fonctionnelle de Kerpape, b CHU Brest

Introduction : La paralysie cérébrale (PC), cause la plus fréquente de handicap moteur de l’enfant, est responsable de limitations d’activités et de douleurs pouvant survenir lors des séances de kinésithérapie. Le but de cette étude est d’analyser le vécu des séances de kinésithérapie vis-à-vis de la douleur, d’identifier les gestes et les localisations douloureuses, la gestion de la douleur et les axes d’améliorations possibles.

Matériels et Méthodes : 18 enfants PC douloureux (EN>2) (moy 13.1 ans, 10F/8H) ont été enregistrés lors d’entretiens en « Focus Group ». Les questions posées suivaient une progression logique de la grille d’entretien. Les thèmes s’enrichissaient progressivement jusqu’à saturation des données.

Résultats: Trois thèmes ont émergé des entretiens :

1/ Vécu et retentissement émotionnel : notion de plaisir, bénéfice clinique en kinésithérapie mais aussi notion de contrainte, d’ennui ou de fatigue.

2/ Douleur associée à la kinésithérapie : vécue comme difficile à supporter, gage d’efficacité, repère clinique ou sans intérêt. Les exercices douloureux étaient liés aux étirements et à la relation avec le thérapeute.

3/ Gestion de la douleur : mise en place de techniques palliatives à la douleur par les enfants (médicaments, distraction), adaptation ou non du thérapeute à la douleur.

Discussion : Cette étude confirme la réalité de la douleur induite dans un échantillon de jeunes enfants et adultes avec PC inconfortables en séances de kinésithérapie. Les patients avaient une vision globalement négative des séances. Les douleurs induites secondaires aux étirements en particulier adducteurs et triceps suraux. Les douleurs pouvaient être associées à l’efficacité et l’amélioration clinique. La relation avec le thérapeute impactait le ressenti douloureux. Des techniques palliatives non médicamenteuses ou médicamenteuses étaient citées pour lutter contre la douleur. Une meilleure prise en compte, prévention et communication entre thérapeute et patient pourraient probablement permettre de diminuer ces douleurs induites.

[1] Jensen MP, Moore MR, Bockow TB, Ehde DM, Engel JM. Psychosocial factors and adjustment to chronic pain in persons with physical disabilities: a systematic review. Arch Phys Med Rehabil. 2011.

Mots clés : Paralysie cérébrale, Vécu, Douleurs, Kinésithérapie