Programme

P064

Communication Affichée

L’incontinence urinaire chez la femme sportive nullipare : enquête épidémiologique à propos de 150 cas

Pr Sameh GHROUBIa, Dr Samar ALILAa, Dr Wafa ELLEUCHa, Pr Mohamed Habib ELLEUCHa

a Service de Médecine Physique et de Réadaptation, CHU Habib Bourguiba, Sfax, Tunisie, et Unité de recherche de l’évaluation des pathologies de l’appareil locomoteur UR12ES18, université de Sfax

Introduction :

Notre objectif était d’étudier le sujet d’incontinence urinaire chez une catégorie particulière de femmes : les femmes jeunes sportives nullipares tout en dévoilant leur réticence face à ce sujet et en insistant sur le type et le niveau de sport pratiqué.

Matériels et méthodes :

Un questionnaire était dirigé à 150 femmes sportives jeunes nullipares. Il cherche tout d’abord à dévoiler l’existence de fuites urinaires et son type et les connaissances concernant ce domaine. Ensuite, il spécifie le type de sport et son niveau de pratique.

Résultats :

105 femmes seulement ont accepté de répondre à ce questionnaire. Soit 30% ont refusé d’aborder le sujet de troubles urinaires. Parmi ces femmes qui ont participé, 75% avaient une incontinence urinaire à l’effort (IUE) quelque soit au sport et/ou à la vie quotidienne .62,8% ont déclaré une IUE à la pratique du sport, le plus souvent peu gênante, et 60% une IUE à la vie quotidienne. Ces deux types sont fortement liés. Seulement 18 sportives ont signalé auparavant ce problème à une tierce personne et une seule a consulté. Aucune sportive n’a rapporté avoir une idée sur l’origine de ces troubles ou sur l’anatomie et le fonctionnement du périnée.

Pour les sports pratiqués, l’athlétisme était en chef de liste avec 25% des femmes. Le basketball était pratiqué dans 18% des cas, le handball dans 17% des cas et le volleyball dans 15% des cas. Seulement 2.8% des cas faisaient de la natation.

Discussion :

L’IUE chez la sportive est un problème de santé majeur. La prévalence est différente d’une étude à une autre selon le type du sport et le niveau de pratique [1]. Cependant, peu de sportives en parlent puisqu’elles ne considèrent pas ces troubles comme pathologiques mais aussi car il s’agit d’un sujet tabou. Il faut donc cibler l’information, le dépistage et l’accessibilité aux mesures de prévention. C’est le rôle de chaque intervenant du système de santé de proposer un bilan périnéal et une rééducation qui pourrait être intégrée dans les programmes de remise en forme des femmes sportives.

[1] R.Lousquy et al, Gynécologie Obstétrique et Fertilité 2014

Mots clés : incontinence urinaire, femmes jeunes sportives, type de sport