Programme

CO30-004

Communication Orale

Etude des effets vegetatifs de la toxine botulique dans la prise en charge de la spasticité chez les patients cérébrolésés vasculaires.

Dr Charlotte CHOTARDa, Dr Evelyne CASTEL-LACANALa, Pr Xavier DE BOISSEZONa, Pr Philippe MARQUEa, Pr Jean-Michel SENARDb, Dr Marc LABRUNEEc

a Service de Médecine Physique et de Réadaptation, CHU Toulouse, b Service de Pharmacologie Clinique, CHU TOULOUSE, c Service de Médecine Physique et de Réadaptation, Unité de Réadaptation cardiaque, CHU TOULOUSE

Introduction

La toxine botulique de type A (BTA) administrée par voie intra-musculaire est actuellement le traitement focal de référence de la spasticité. Son injection dans le muscle strié induit un blocage de la libération présynaptique d’acetylcholine, entrainant une diminution de la contraction musculaire. Les trois types de complications générales rapportées sont le flu-like syndrome, la fatigue et le botulisme généralisé. Leurs mécanismes physiopathologiques sont mal connus, de même que les mécanismes de diffusion de la BTA. Parallèlement, il existe des preuves du transport rétrograde de la toxine par voie axonale: plusieurs auteurs ont mis en évidence la présence de la toxine injectée en périphérie dans le muscle, au sein du système nerveux central. Or, l’acetylcholine est un neurotransmetteur commun aux systèmes sensorimoteur et végétatif.

Objectif

L’objectif est d’évaluer les effets sur le système neurovégétatif d’injections intramusculaires de toxine botulique réalisées chez des patients victimes d’accidents vasculaires pour traiter la spasticité focale; à travers l’analyse des paramètres cardiovasculaires du Système Nerveux Autonome (SNA).

Matériels et Méthodes

Vingt sujets hémiparétiques chroniques, relevant d’un traitement par toxine botulique dans le muscle strié squelettique seront inclus. Le protocole expérimental prévoit l’étude du baroréflexe spontané, l’analyse spectrale de la variabilité sinusale, l’enregistrement continu de la FC et de la PA par Finapres lors de manoeuvres du score d’Ewing, ainsi que la mesure de la fonction sudori-motrice par SUDOSCAN. Ces enregistrements sont effectués le jour de l’injection, puis 6 semaines après, soit au pic d’efficacité musculaire de la toxine botulique, et enfin 6 mois après l’injection.

Résultats

Les résultats préliminaires sur 5 patients hémiparétiques spastiques (âge moyen = 46,6 ans ; délai post-AVC = 3,7 ans) évalués avant et 6 semaines après injections de toxine botulique retrouvent une augmentation significative de la FC et de la TA de repos, sans variation significative du score d’Ewing ni de la variabilité sinusale (analyse du baroréflexe en cours).

Discussion

Cette étude pilote est la première à étudier le lien entre système nerveux autonome et toxine botulique injectée dans le muscle périphérique, dans le cadre du traitement de la spasticité focale chez des patients cérébro-lésés.

Mots clés : toxine botulique, AVC, système nerveux autonome