Programme

P041

Communication Affichée

Blocs anesthésiques : clé de la prise en charge d’un membre inférieur spastique dans un pays en cours de développement (la Tunisie)

Pr Sameh GHROUBIa, Dr Wafa ELLEUCHa, Dr Samar ALILAa, Dr Saoussan MAHERSIa, Pr Mohamed Habib ELLEUCHa

a Service de Médecine Physique et de Réadaptation, CHU Habib Bourguiba, Sfax, Tunisie, et Unité de recherche de l’évaluation des pathologies de l’appareil locomoteur UR12ES18, université de Sfax

Introduction :

De nombreuses équipes s’appuient sur les blocs anesthésiques comme complément d’évaluation de désordres moteurs liés à la spasticité. Cependant cette utilisation reste restreinte.

Notre objectif est de mettre en valeur les blocs anesthésiques qui constituent le centre de notre évaluation d’un membre inférieur spastique permettant de tracer un schéma thérapeutique adapté à notre situation socio-économique limité.

Patients et méthodes :

Etude prospective incluant 84 patients avec parésie spastique d’un ou des 2 membres inférieurs. Une évaluation clinique était faite avant et après les blocs comportant une cotation de la spasticité, une mesure des amplitudes articulaires, une cotation de la commande volontaire et une évaluation fonctionnelle.

Résultats :

108 blocs étaient effectués. Parmi ces blocs, 63 étaient injectés au niveau du nerf tibial postérieur. Nous avons noté un gain du score d’Aschworth modifié de 1 à 3 points et un gain des amplitudes articulaires de 19 à 22°. Les résultats obtenus permettent une orientation thérapeutique optimale. Une chirurgie orthopédique était indiquée d’emblée dans 10 cas. L’injection de toxine botulique était indiqué au niveau des ischio-jambiers dans 2 cas, au niveau des adducteurs dans 20 cas et au niveau du soléaire et / ou des jumeaux accompagné ou non du jambier postérieur dans 64 cas. Une neurotomie du nerf tibial après bloc était réalisée dans 2 cas. Les résultats de la neurotomie 1 an après l’intervention était identiques à ceux observés par le bloc.

Discussion et conclusion :

Les blocs anesthésiques trouvent encore une place importante dans l’évaluation du patient spastique puisqu’ils permettent d’avoir aussi bien un diagnostic différentiel entre spasticité musculaire et rétraction tendino-musculaire qu’une idée sur le pronostic (montre l’effet d’un éventuel traitement définitif sur une courte période de temps). Ceci va nous offrir l’opportunité dans les conditions défavorables de notre pays, de choisir le moyen thérapeutique le moins couteux et donc disponible. Il nous permet de suivre un nouvel arbre décisionnel à la fois scientifique et surtout adapté à notre situation réelle.

Mots clés : Spasticité, Bloc moteur, évaluation, Décision thérapeutique