Programme

P039

La marche nordique comme moyen d’amélioration de la stabilité dynamique de marche dans la maladie de Parkinson

Dr Thibault WARLOPa, Pr Christine DETREMBLEURb, Mlle Maïté BUXES LOPEZc, Dr Frédéric CREVECOEURb, Dr Benjamin BOLLENSa, Pr Gaëtan STOQUARTa, Pr Anne JEANJEANd, Pr Thierry LEJEUNEa

a Cliniques universitaires Saint-Luc - Service de Médecine Physique et Réadaptation, b Université catholique de Louvain - Institut des Neurosciences, c Institut Parnasse - Deux Alice, d Cliniques universitaires Saint-Luc - Service de Neurologie

Objectifs: Par l’activation des membres supérieurs, la marche nordique (MN) peut agir comme stimulation externe dans la maladie de Parkinson (MP) afin d’améliorer des paramètres spatiotemporels de marche, comme la longueur de la foulée ou la variabilité de marche. L’organisation temporelle de la variabilité, révélée par la présence d’autocorrélations à long-terme (ALT), a été associée à la stabilité dynamique de marche. Cette dernière, définie comme la faculté de maintenir une marche adaptée malgré la présence de perturbations internes et/ou externes, caractérise un système locomoteur sain. Cette étude visait à objectiver les effets bénéfiques de la MN sur la stabilité dynamique de marche de patients souffrant de la MP.

Matériel et méthode: Après trois séances d’apprentissage, 14 patients présentant une maladie de Parkinson légère à modérée ont réalisé, dans un ordre randomisé, 2 sessions de 12min de marche (avec et sans bâtons). Au moyen d’un accéléromètre unidimensionnel placé sur la malléole du membre le plus atteint, la vitesse, la cadence, la longueur de foulée ainsi que l’organisation temporelle de la variabilité de durée du cycle de marche (i.e. ALT) ont été étudiées sur 512 cycles de marche consécutifs. La présence d’ALT a été évaluée au moyen du calcul des exposants de Hurst et α, obtenus au moyen de méthodes mathématiques non-linéaires comme l’analyse des series redressées et la densité spectrale de puissance, respectivement. Afin d’objectiver les effets bénéfiques de la marche nordique, un test t-pairé a été réalisé.

Résultats: Tous les patients présentaient des ALT dans chaque condition de marche. Cependant, les exposants de Hurst et α étaient significativement plus hauts lors de la MN (p≤0,001). Tandis que la vitesse de marche restait identique entre les deux conditions (p=0,320), la cadence diminuait et la longueur de foulée augmentait de façon significativement (p=0,009 et 0,003, respectivement).

Discussion: Cette étude démontre la présence d’ALT lors de la MN, traduisant une amélioration de la stabilité dynamique de marche de patients présentant la MP. Agissant comme une stimulation externe, l’activité rythmique des membres supérieurs permettrait de “court circuiter” les ganglions de la base déficients. Par conséquent, la MN serait un excellent moyen d’améliorer les troubles de marche caractéristiques de la MP.

Mots clés : Maladie de Parkinson, Marche nordique, Stabilité dynamique, Autocorrélations à long-terme, Variabilité de marche, Paramètres spatiotemporels de marche, Stimulation externe