Programme

CO53-003

Communication Orale

Conscience des difficultés à quatre ans d'un traumatisme crânien : évaluation de la discordance de plaintes entre patient et aidant

Mlle Camille CHESNELa, Dr Claire JOURDANa, Mlle Claire VALLAT-AZOUVIb, Mme Eleonore BAYENc, Mme Emmanuelle DARNOUXc, M. Idir GHOUTd, Mme Sylvie AZERADe, Dr Alexis RUETa, Pr Pascale PRADAT-DIEHLf, Dr Philippe AEGERTERd, M. James CHARENTONe, Pr Philippe AZOUVIa

a Service de médecine physique et réadaptation, Hôpital Raymond Poincarré, AP-HP, Garches, Université Versailles Saint Quentin en Yvelines, b Antenne UEROS-SAMSAH92-UGECAM IDF, Hôpital Raymond Poincaré, AP-HP, Garches, c Université Paris-Dauphine, Laboratoire d’Économie et de Gestion des Organisations de Santé (LEDa-LEGOS), Paris, France, d APHP, Hôpital Ambroise Paré, Unité de Recherche Clinique (URC), Boulogne, France, e Centre Ressources Francilien du Traumatisme Crânien (CRFTC), Paris, France, f APHP, Hôpitaux Universitaires Pitié-Salpêtrière-Charles Foix, Paris, France, Université Pierre et Marie Curie

Objectif

Evaluer le degré de discordance entre les difficultés exprimées par les patients à quatre ans d'un traumatisme crânien (TC) sévère en auto-évaluation et en hétéro-évaluation par leur proche, et déterminer quels sont les facteurs en lien avec cette discordance de plaintes.

Matériels et méthodes

Paris-TBI est une cohorte constituée d’adultes ayant eu un TC sévère survenu en Ile-de-France, qui ont été suivis de manière prospective et multicentrique. L'évaluation à 4 ans comprenait un questionnaire de plaintes rempli par le patient et un aidant, et une évaluation neuropsychologique. Le questionnaire des plaintes comporte 25 questions fermées, correspondant aux plaintes les plus fréquentes au décours d’un traumatisme crânien grave. Les items portent sur le manque de contrôle, le ralentissement cognitif, les préoccupations somatiques, l’humeur, les interactions sociales, la communication et les troubles attentionnels.

Résultats

Parmi les 245 survivants, 91 couples patient/aidant ont été inclus (moyenne d'âge des patients 32 ans, 80% d'hommes). La « différence de plaintes », a été définie par le nombre d'items pour lesquels l'aidant signalait un trouble alors que le patient ne notait pas sa présence. Pour 74.6% des réponses, le couple patient/aidant était en accord. 14.6% des réponses étaient discordantes dans le sens de la surplainte de l'aidant. Il y avait très peu de désaccords concernant les plaintes somatiques. La surplainte des aidants était préférentiellement exprimée dans les items concernant l'agressivité, l'irritabilité, la désinhibition et les troubles attentionnels. La « différence de plaintes » était fortement liée au trouble de l'autocritique (p=0.00542) évalué par l'item 5 du NRS-R (Neurobehavioural rating scale revisited). Aucun lien n'était retrouvé avec la sévérité du TC, l'indice de Barthel, le DEX (dysexecutive questionnaire), le NRS-R global, ou le GOS (glasgow outcome scale).

Discussion:

La surplainte de l'aidant par rapport au patient à quatre ans d'un TC grave est liée au trouble de l'autocritique. Aucun lien n’a été retrouvé entre l’altération de la conscience des troubles et la sévérité du TC, du handicap ou des troubles cognitifs.

Mots clés : Traumatisme crânien, anosognosie, plaintes