Programme

CO36-003

Communication Orale

La dégradation des autocorrélations à long-terme de marche comme marqueur précoce du risque de chute dans la maladie de Parkinson

Dr Thibault WARLOPa, Pr Christine DETREMBLEURb, Dr Benjamin BOLLENSa, Pr Gaëtan STOQUARTa, Dr Frédéric CREVECOEURb, Pr Anne JEANJEANc, Pr Thierry LEJEUNEa

a Cliniques universitaires Saint-Luc - Service de Médecine Physique et Réadaptation, b Université catholique de Louvain - Institut des Neurosciences, c Cliniques universitaires Saint-Luc - Service de Neurologie

Objectifs: Les chutes représentent un problème majeur de la maladie de Parkinson (MP). Cependant, aucun marqueur précoce du risque de chute n’a été identifié jusqu’à présent. Récemment, la présence d’autocorrélations à long-terme (ALT), traduisant l'existence d'une organisation temporelle complexe de la variabilité de durée du cycle de marche, a été démontrée au sein de la marche saine. A l’inverse, la rupture de cette organisation a été associée à une instabilité dynamique lors de la marche. Cependant, aucune étude n’a inclus l’analyse de la variabilité de durée du cycle de marche dans l’évaluation fonctionnelle de patients présentant une pathologie neurologique, telle que la MP.

Matériel et m?thode: L’organisation temporelle (ALT) et la grandeur de la variabilité de durée du cycle de marche ont été étudiées auprès de 20 patients MP marchant à vitesse spontanée. La présence d’ALT a été évaluée au moyen du calcul des exposants H (RRA) et α (PSD). L’état fonctionnel et l’évaluation (objective et subjective) de l’équilibre ont appréciés au moyen du MDS-UPDRS (et du PIGD), de l’échelle H&Y modifiée, du BESTest et de l’ABC Scale, respectivement. De façon à étudier les relations entre la variabilité durée du cycle de marche et la stabilité dynamique à la marche, une analyse en composante principale a été réalisée.

Résultats: Les ALT ont été mises en évidence pour tous les patients et d’excellentes corrélations ont été observées entre les ALT (factor loading: Hurst = 0,907; α = 0,931), l’échelle H&Y modifiée (-0,914), le BESTest (0,867) et le PIGD (-0,741), alors qu’aucune corrélation significative n’a été observée avec l’âge et la vitesse de marche. La grandeur de la variabilité était inversement corrélée avec l’ABC Scale.

Discussion: Nos résultats démontrent la présence d’excellentes corrélations entre les ALT, la sévérité de la maladie et le niveau d’équilibre dans la MP. Alors que la grandeur de la variabilité de marche pourrait être un marqueur du caractère automatique de la marche, les ALT pourraient être le reflet de la stabilité dynamique à la marche. La quantification de la variabilité de durée du cycle de marche fournit donc une évaluation clinique objective, quantitative, facile et efficace du risque de chute dans la MP.

Mots clés : Maladie de Parkinson, Risque de chute, Stabilité dynamique, Autocorrélations à long-terme, Variabilité de marche