Programme

CO33-002

Communication Orale

Prévalence de l'incontinence urinaire d'effort chez les femmes atteintes d'une sclérose en plaques

Dr Caroline MASSOTa, Dr Hichem KHENIOUIa, Pr Patrick HAUTECOEURa, Dr Cécile DONZEa

a Hôpital Saint Philibert

Objectifs :

L’objectif principal était d’évaluer la prévalence de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) chez les femmes atteintes d’une Sclérose en Plaques (SEP). Les objectifs secondaires étaient de rechercher les facteurs prédictifs de l’IUE dans la SEP et d’évaluer la prévalence de l’insuffisance sphinctérienne.

Matériels :

Etude observationnelle, analytique rétrospective monocentrique incluant toutes patientes atteintes d’une SEP, ≥ 18 ans, sans limite d’EDSS, suivies dans le service de Médecine Physique et de Réadaptation du Groupement Hospitalier de l’Institut Catholique de Lille, ayant bénéficié d’un bilan urodynamique (BUD) entre 1999 et 2014. L’IUE était définie par une perte involontaire d’urine lors d’un effort. Les données cliniques et urodynamiques ont été recueillies. L’insuffisance sphinctérienne était définie par une pression de clôture urétrale maximale < 110 - âge. Des analyses uni et multivariées ont été effectuées, avec un seuil de significativité inférieur à 5%.

Résultats

Sur 400 dossiers, 365 étaient exploitables, 2 patientes ont été exclues car avaient une sonde urinaire à demeure au moment du BUD.

Les patientes étaient âgées en moyenne de 46,7 ans ± 10, 8 ans. La prévalence de l’IUE dans la SEP était de 31,4%. La prévalence de l’insuffisance sphinctérienne était de 22,8% chez les patientes avec une IUE contre 15,7% chez les patientes sans IUE (p = 0,2).

En analyse univariée, la forme rémittente récurrente (RR) était plus fréquente chez les patientes avec une IUE que chez les patientes avec une forme progressive (primaire ou secondaire) (p = 0,017). L’analyse multivariée a permis de mettre en évidence des facteurs de risque de l’IUE dans la SEP : poids de naissance d’un des nouveau-nés > 4kg (p = 0,003), présence d’un prolapsus (p = 0,021), présence d’une incontinence par urgenturie (p = 0,006), un effort de retenue de mauvaise qualité (p = 0,0001) ou impossible (p < 0,0001), un EDSS faible (p = 0,019), et la prise d’anticholinergique (p = 0,003).

Discussion

L’IUE dans la SEP semble être plus fréquente dans les formes RR, et chez les patientes avec un handicap faible. Un interrogatoire ciblé permettrait de dépister ce trouble qui pourrait constituer un surhandicap pour ces patientes.

Mots clés : Sclérose en plaques, incontinence urinaire d'effort