Programme

CO05-006

Communication Orale

Prise en charge médicamenteuse du patient : Impact clinique des interventions pharmaceutiques en services de rééducation neurologique.

Mme Marie HUBAULTa, Dr Nathalie PETITa, Pr Sophie JACQUIN-COURTOISa, Dr Bruno CHARPIATb, Pr Jacques LUAUTÉc, Pr Gilles RODEc, Dr Audrey JANOLY-DUMENILc

a CHU - Hôpital H Gabrielle - Hospices Civils de Lyon, b CHU - Hôpital de la Croix Rousse - Hospices Civils de Lyon, c CHU - Hôpital Henry Gabrielle - Hospices Civils de Lyon

Introduction. Les patients hospitalisés en services de rééducation neurologique sont souvent polymédiqués. Cette polymédication est à risque d’effets indésirables. Elle justifie l’analyse des prescriptions par un pharmacien. L’objectif est de décrire les problèmes médicamenteux détectés, les interventions pharmaceutiques (IP) réalisées et d’évaluer leur impact clinique sur une période de 1 an.

Méthodologie. Les prescriptions informatisées de 165 lits étaient analysées une fois/semaine selon la méthodologie de la Société Française de Pharmacie Clinique. Les problèmes détectés et les IP proposées ont été collectés. Leur impact clinique a été évalué par deux médecins et deux pharmaciens hospitaliers selon Hatoum 1988(1): impact nul (-), significatif (+), très significatif (++), vital (+++).

Résultats. 4228 prescriptions ont donné lieu à 999 IP (24%) dont 788 acceptées par les médecins (79%). Les médicaments les plus impliqués étaient: antalgiques/anti-inflammatoires (25%), antiacides (20%), psychotropes (17%) et anti-infectieux (14%). Les principaux problèmes détectés étaient: médicaments non indiqués (26%), non-conformités aux consensus (16%) et problèmes de posologies (15%). Les propositions les plus fréquentes étaient : arrêt (33%) et adaptation posologique (22%). Après exclusion des IP ayant seulement un impact économique, 842 IP ont été évaluées d’un point de vue clinique. Elles concernaient essentiellement : antiacides (n=198), antalgiques/anti-inflammatoires (n=170), psychotropes (n=136), anti-infectieux (n=110) et anticoagulants (n=76). Les évaluations ont été : nul n= 96 ; significatif n=574 ; très significatif n= 169 ; vital n= 3. Ces 3 IP concernaient des anticoagulants. Au global, les classes thérapeutiques avec le plus d’IP (++) étaient: anticoagulants (60%), ions injectables (43%), anti-infectieux (37%) et antalgiques/anti-inflammatoires (24%). Les médecins ont retenu un plus grand nombre d’IP (++) relatives aux anti-infectieux comparativement aux pharmaciens (43% versus 30%). A l’inverse, les pharmaciens ont estimé plus d’IP (++) impliquant les ions injectables (71% versus 15%) et les psychotropes (21% versus 8%).

Conclusion. Au cours de l’analyse des prescriptions, les pharmaciens détectent de nombreux problèmes médicamenteux. L’évaluation de leurs conséquences cliniques potentiellement défavorables est corroborée par un taux élevé d’acceptation, objectivé par des changements de prescriptions. (1) Hatoum et al. Drug Intell Clin Pharm 1988 ; 22 : 980-2

Mots clés : médicaments, unité de rééducation neurologique, pharmacie clinique, intervention pharmaceutique