Programme

CO51-003

Communication Orale

Prévention du syndrome du bébé secoué (SBS) par une meilleure formation des professionnels

Dr Anne LAURENT-VANNIERa

a Hôpitaux de Saint-Maurice

Objectif. Evaluer les connaissances des professionnels sur le SBS dans l’objectif de cibler leur formation.

Méthode. Un questionnaire a été élaboré visant à connaître l’avis des professionnels sur

- l’intensité du mécanisme en jeu,

- la fréquence de la réitération,

- la possibilité que le jeu puisse induire les lésions,

- la possibilité pour tous d’avoir envie de secouer un bébé versus le secouer,

- la possibilité de séquelles, leur intensité et leur évolution au cours du temps,

- l’identification du secouement comme infraction pénale donnant lieu à indemnisation des séquelles.

-L’existence des recommandations aux professionnels par la Haute Autorité de Santé issues de l’audition publique SOFMER.

Ce questionnaire a été proposé à 393 médecins/ internes en médecine/ professionnels de la petite enfance / magistrats…

Résultats. Quel que soit le métier : la majorité des professionnels ont donné une réponse erronée ou n’ont pas su répondre : en pensant que le mécanisme n’est pas forcément violent/ qu’on peut induire les lésions en jouant avec un enfant/ que le plus souvent le secouement est unique / qu’il n’engendre pas de séquelles / que, si séquelles il y a, celles-ci s’estompent avec le temps/ en ignorant que le secouement constitue une infraction pénale donnant lieu à indemnisation / en ignorant enfin l’existence des recommandations aux professionnels. En revanche la distinction a été le plus souvent faite entre envie de secouer et passage à l’acte.

Discussion. L’insuffisance de connaissances et les idées reçues sur le SBS secoué ont pour conséquence un dysfonctionnement délétère toujours aux dépens de l’enfant : connaitre la grande fréquence des réitérations fait comprendre l’importance de détecter les premiers signes de violence/ connaître la fréquence des séquelles et leur gravité doit inciter les médecins à appliquer les recommandations de prise en charge après traumatisme crânien (circulaire du 18 juin 2004) à comprendre l’importance du signalement en vue de protéger l’enfant et doit inciter les magistrats à considérer l’aspect pénal mais aussi civil des droits de l’enfant en tant que victime d'une infraction pénale. Seule une meilleure formation de tous, initiale et continue, permettra d’améliorer ce dysfonctionnement.

Mots clés : syndrome du bébé secoué/ traumatisme crânien infligé/ prévention/ maltraitance/ violence