Programme

P035

Communication Affichée

Lésion myotendineuse de l'obturateur externe chez un basketteur de haut niveau

M. Régis COUDERTa, Dr Jean-Marie COUDREUSEb, Pr Thomas LE CORROLLERc, Pr Laurent BENSOUSSANa, Pr Pierre CHAMPSAURc, Pr Alain DELARQUEa, Pr Jean-Michel VITONa

a Département de Médecine Physique et de Réadaptation, Marseille, b Département de Médecine Physique et de Réadaptation, Service de Médecine du sport, Marseille, c Hôpital Sainte Marguerite, Service de radiologie, Marseille

INTRODUCTION :Les lésions aigues des muscles pelvi-trochantériens sont peu décrites dans la littérature. Notre travail concerne le diagnostic et la prise en charge d’une lésion rare : une lésion myotendineuse du muscle obturateur externe.

OBSERVATION :Un patient de 30 ans, basketteur professionnel, a présenté lors d’un match une douleur inguinale droite apparue lors d’un mouvement de glissade contrôlée. La douleur s’est accrue 1h après le match au niveau de l’aine droite avec irradiation postérieure. L’examen ne retrouve pas d’anomalie lors du testing spécifique des muscles adducteurs, ischio-jambiers ou ilio-psoas, alors qu’il présente une douleur diffuse à la mobilisation active globale de la hanche. Le testing musculaire contrarié en rotation externe révèle une douleur spécifique, peu intense mais certaine. Le bilan échographique, puis l’IRM, mettent en évidence une lésion myotendineuse distale de l’obturateur externe de grade III associée à un œdème du carré fémoral. Notre patient a bénéficié d’une prise en charge fonctionnelle, associant rééducation (travail excentrique et proprioceptif des stabilisateurs de la hanche et du bassin) et ré-athlétisation, lui permettant de reprendre les matchs professionnels à 10 jours du traumatisme.

DISCUSSION :Dans la littérature, aucune publication internationale n’a permis de répertorier ce type de lésion en raison du peu d’impact fonctionnel habituel. Cette lésion est due à une contraction excentrique de l’obturateur externe. Elle semble sous diagnostiquée. Grâce à des compensations musculaires, la gêne peut être faible dans la vie quotidienne mais dommageable chez les sportifs de haut niveau, et semble guérir assez rapidement, sans proportion réelle avec l’importance de l’imagerie. De plus, ces muscles ne sont pas systématiquement recherchés à l’échographie et l’IRM n’est pas souvent demandée devant la relative impotence fonctionnelle. Nous insistons donc sur la réalisation d’un examen clinique précis qui orientera l’exploration échographique au niveau des muscles pelvi-trochantériens, échographie qui confirmera l’indication d’une IRM de la hanche. Notre cas clinique montre que l’apport d’une rééducation ciblée va sécuriser une reprise rapide sans séquelle de la compétition et obtenir un excellent résultat fonctionnel avec un retour au niveau sportif antérieur

Mots clés : muscle obturateur externe, douleur inguinale aiguë, stabilisation du bassin, échographie, rupture myotendineuse