Programme

CO28-002

Communication Orale

Modifications hématologiques et métaboliques après ultramarathon de 6 jours sur tapis et vélo

Dr Marie THOMAS-POHLa, Dr Stéphane MOUTERAUb, Dr Marc CONTIb, Pr Sylvain LORICb, Dr Etienne JAMES-BELINa, Dr Yves COULOMBa, Pr Jean-Michel GRACIESa

a Fédération neurolocomotrice, Hôpital Albert Chenevier - Henri Mondor, Créteil, b Service de biochimie, Hôpital Henri Mondor, Créteil

Objectif : Des épreuves d’ultraendurance peuvent entraîner des modifications biologiques conséquences de sollicitations musculaires et bouleversements hormonaux. Deux sportifs d’ultraendurance ont tenté de battre les records du monde de distance sur 6 jours à Paris du 4 au 10 janvier 2015 (« six jours extrêmes »), l’un sur tapis de course, l’autre sur home-trainer à pignon fixe. Nous avons analysé les modifications hématologiques, hormonales et biochimiques.

Matériels et méthodes : Des analyses hématologiques, biochimiques, hormonologiques, métaboliques et spécifiques du stress oxydatif sur échantillons sanguins frais et congelés ont été effectuées une semaine avant (J-7), 30 minutes (J6) et 2 jours (J8) après la fin de l’épreuve chez les deux sportifs. Parallèlement, les périodes veille/sommeil, données cardiovasculaires (pouls, saturation) et efforts développés (kilométrage, vitesse) ont été relevés.

Résultats : À J6, après 2750km sur vélo et 713km de marche, hémoglobine, hématocrite et paramètres du bilan martial (fer sérique, ferritine, coefficient de saturation) sont plus bas qu’à J-7 (l’hémoglobine passe de 15,2g/dl avant l’épreuve à 13,3g/dl juste après) et commencent à remonter à J8. Les leucocytes (de 6,5 à 9,4Gl/l entre J-7 et J6), l’haptoglobine (triplée entre J-7 et J8, de 1 à 3g/l), les enzymes hépatiques, CreatinePhosphoKinase, troponine, BrainNatriureticPeptide et acide urique ont augmenté pendant l’épreuve et décroissent à J8 sans retrouver les taux initiaux.

Discussion : L’anémie relative transitoire constatée est multifactorielle, inflammatoire, ferriprive, sans élément pour une hémolyse. La cytolyse hépatique ainsi que la contrainte cardiaque sont classiques [1]. En revanche, aucune étude ne s’est consacrée sur un effort aussi long aux enzymes du stress oxydatif (glutathion, produits de la péroxydation lipidique, activation de la xanthine oxydase) dont la mobilisation des leucocytes et l’augmentation de l’acide urique (antioxydant) sont des marqueurs indirects [2].Les données de cette exploration devraient permettre de mieux appréhender les impacts d’efforts très prolongés sur la chaîne du stress oxydatif, avec des conséquences éventuelles sur l’amélioration des méthodes d’entrainements des ultrasportifs.

Références :

1. Kupchak BR et al. The impact of an ultramarathon on hormonal and biochemical parameters in men.Wilderness Environ Med 2014;25(3):278-88.

2. Groussard C. Stress oxydatif et exercice anaérobie.Science et sports 2006 ;21 :62-67.

Mots clés : ultramarathon, stress oxydatif, anémie