Programme

P043

Communication Affichée

Transfert du tibial postérieur dans les paralysies des releveurs d’origine périphérique : à propos de 15 cas

Dr Nadine NACHEFa, Dr Etienne ALLARTb, Dr Michel-Yves GRAUWINa, Dr Marc ROUSSEAUXb, Pr André THEVENONc, Pr Christian FONTAINEa

a Service d'orthopédie B, Hôpital R. Salengro, CHU de Lille, b Service de rééducation neurologique, cérébrolésions, Hôpital P. Swynghedauw, CHU de Lille, c Service de Médecine physique et de réadaptation, Hôpital P. Swynghedauw, CHU de Lille

Objectif : Evaluer, chez des sujets présentant une paralysie des releveurs d’origine périphérique, l’efficacité du transfert du muscle tibial postérieur et ses effets indésirables sur la statique du pied.

Méthodes :

Quinze patients ont été revus rétrospectivement à un délai médian de 90 mois (8-219). Huit patients présentaient une paralysie d’origine tronculaire (fracture, entorse de genou, PTH), 5 d’origine radiculaire (traumatisme rachidien, hernie discale, chirurgie lombaire) et 2 d’origine neuropathique. Le tibial postérieur était transféré 9 fois sur le tibial antérieur, 2 fois sur le 2ème cunéiforme, 3 fois sur le court fibulaire et une fois sur le naviculaire. Aucun n’était associé à une ostéotomie d’arrière-pied de type Lambrinudi. Ont été relevés, (a) sur le plan fonctionnel : le sevrage de l’attelle, le périmètre de marche et un score de satisfaction (/4); (b) sur le plan clinique : l’amplitude de flexion dorsale active (en analytique et à la marche grâce à une analyse vidéo), la force de dorsiflexion, et l’empreinte plantaire ; (c) sur le plan radiographique en évaluant la statique d’arrière pied, et l’angle de Djian.

Résultats : Les onze patients porteurs de releveurs de façon permanente ont été complètement sevrés. En postopératoire, seul un patient présentait un périmètre de marche limité (50-200m). La moyenne du score de satisfaction était à 2/4 (-3/4). La position moyenne en flexion dorsale maximale active atteignait la position neutre (-20-15), l’arc de mobilité actif en dorsiflexion était en moyenne de 11°(0-36) en analytique et de 4,5° (0-10) à la marche ; la force de dorsiflexion était en moyenne de 2,75 (0-5). Onze patients présentaient une empreinte plantaire normale et 4 un pied creux. L’angle de Djian était en moyenne de 117 (102-123), et l’angle d’arrière-pied de 5,3 en valgus. Seul l’angle de Djian était significativement différent du pied controlatéral (p=0,015), avec une tendance au pied creux.

Discussion :

Le transfert du tibial postérieur réanime de façon satisfaisante la dorsiflexion chez les sujets présentant une paralysie périphérique. A terme, on ne retrouve pas de décompensation en pied plat valgus du pied opéré, avec au contraire une tendance au pied creux.

Mots clés : transfert du tibial postérieur, paralysie périphérique, neuro-orthopédie