Programme

P069

Communication Affichée

Syndrome douloureux complexe régional (SDRC) type I sévère: prise en charge pluridisciplinaire et physiothérapie intensive en pédiatrie

Dr Béatrice LEUTHOLDa, Dr Chantal MAMIEa, Mme Anne COHENa, Mme Fanny ZUBILLERb, Dr Dante TROJANa, Pr Pierre LASCOMBESa

a Hôpitaux Universitaires de Genève :Département de l'enfant et de l'adolescent, b Hôpital de La Tour

Aujourd’hui le SDRC pédiatrique est une entité reconnue et différente de celui de l’adulte. Son traitement reste difficile et peu consensuel, du fait d’un diagnostic souvent retardé et d’une étiopathogénie complexe associant des troubles ostéo-articulaires, neurologiques et psychologiques. Les avis convergent cependant vers une prise en charge multidsicplinaire associant physiothérapie, ergothérapie, psychothérapie et traitement médicamenteux.

Nous rapportons deux cas extrêmement sévères de SDRC type I touchant le pied, un garçon et une fille de 12 et 11 ans respectivement au moment du diagnostic. L’atteinte se traduisait par une hyperesthésie douloureuse, un œdème, un équin, une déminéralisation osseuse et un contexte psychologique perturbé. Après l’échec de plusieurs traitements ambulatoires, nous avons proposé une hospitalisation en service d’orthopédie pédiatrique. Le protocole, rédigé selon un agenda précis, comprenait un programme quotidien très intense associant de multiples thérapies physio et ergo (musicothérapie, balnéothérapie, désensibilisation progressive, TENS, physio RAM), un traitement antalgique médicamenteux, un suivi en pédopsychiatrie, un(e) infirmier(e) référent, et une limitation des horaires de visite de la famille. Après 1 à 2 semaines, une amélioration significative était constatée. Après 6 mois, les douleurs avaient disparu et l’appui sur le pied s’était normalisé.

A ce jour l’intensité et la durée nécessaires pour un traitement efficace du SDRC en pédiatrie restent inconnus. L’hospitalisation, considérée comme une ultime proposition, permet un suivi des patients, leur retrait du milieu familial et un traitement intensif irréalisable en ambulatoire. L’identification des facteurs précis permettant l’amélioration du SDRC n’est cependant pas claire, allant de l’effet bénéfique d’éviction du patient de son milieu habituel jusqu’à l’intensité des thérapies. Il semble néanmoins qu’un protocole rigoureux, ayant valeur de contrat entre le patient, sa famille et l’équipe médicale, soit un élément favorable.

Bibliographie:

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Mots clés : SDRC; pédiatrie; hospitalisation