Programme

CO02-005

Communication Orale

Stratégies d’évaluation des troubles d’utilisation d’outils

Dr Christophe JARRYa, Dr François OSIURAKb, Dr Frédérique ETCHARRY-BOUYXc, Pr Didier LE GALLd

a Laboratoire de Psychologie des Pays de Loire, Université d'Angers, b Laboratoire d’Etude des Mécanismes Cognitifs, Université de Lyon, c CHU d'Angers, Département de Neurologie ; Laboratoire de Psychologie des Pays de Loire, Université d'Angers, d Laboratoire de Psychologie des Pays de Loire, Université d'Angers ; CHU d'Angers, Département de Neurologie.

Des troubles d’utilisation d’objets sont présents dans de nombreuses pathologies neurologiques et peuvent avoir un impact sur les capacités de vie quotidienne des patients. Pour autant, ces difficultés sont assez peu explorées dans le champ de la neuropsychologie expérimentale et clinique comme le montre le peu de données existantes sur leur évolution à long terme, le faible développement d’épreuves spécifiques d’évaluation ou encore l’absence patente de travaux sur la réhabilitation dans le domaine. Cela est partiellement dû au fait que les troubles d’utilisation d’objets, qui font classiquement partie de la sphère des apraxies gestuelles, bénéficient assez peu de développement théoriques récents qui permettraient de penser de manière structurée les différents mécanismes cognitifs dirigeant le geste, la sélection des objets, ou encore la séquenciation des tâches à accomplir. Au-delà des distinctions classiques, aujourd’hui obsolètes, l’apraxie, et plus spécifiquement les troubles d’utilisation d’objets, concernent une symptomatologie clinique plurielle qu’il est nécessaire de penser dans approche différentielle et conceptuelle structurée. Après un bref rappel des considérations théoriques qui nous permettent de guider l’examen des troubles d’utilisation d’objets, l’objectif de cette présentation sera de décrire les différents types d’épreuves à proposer pour envisager une évaluation exhaustive. Nous verrons qu’il est toujours indispensable de disposer au préalable d’un examen neurologique précis ainsi que de quelques données sur les capacités linguistiques et le schéma corporel, dont une détérioration peut être raisonnablement évoquée dans les troubles d’imitation. Nous verrons également l’intérêt de proposer, dans la continuité de l’examen neurologique, quelques épreuves de séquences manuelles et digitales qui peuvent faire l’objet d’anomalies praxiques d’expression unilatérale. Ensuite, nous nous attarderons spécifiquement sur l’évaluation des troubles d’utilisation d’objets à travers les différentes modalités de présentation du matériel, les types d’objets à proposer, les connaissances en jeu et les aspects exécutifs de planification de l’action. Enfin, nous illustrerons notre démarche différentielle avec l’analyse des résultats de quelques cas cliniques dans le cadre de pathologies vasculaires.