Programme

CO15-001

Communication Orale

L’apraxie dans les pathologies dégénératives

Pr Didier LE GALLa, Dr Christophe JARRYb, Dr Frédérique ETCHARRY-BOUYXc, Dr François OSIURAKd

a Laboratoire de Psychologie des Pays de Loire, Université d'Angers ; CHU d'Anges, département de Neurologie, b Laboratoire de Psychologie des Pays de Loire, Université d'Angers, c CHU d'Angers, Département de Neurologie ; Laboratoire de Psychologie des Pays de Loire, Université d'Angers, d Laboratoire d’Etude des Mécanismes Cognitifs, Université de Lyon

Les pathologies neuro-dégénératives, démentielles, sont évoquées à propos de l’étiologie des apraxies depuis les premières descriptions datant du début du XXème siècle. Au demeurant, la littérature sur la question est particulièrement réduite, voire inexistante en ce qui concerne précisément l’utilisation d’objets. Cela est d’autant plus étonnant que l’apraxie est présente dans les critères de diagnostic clinique de plusieurs de ces maladies. En effet, à l’étage cortical, l’apraxie, abordée de manière générale, se retrouve pour la Maladie d’Alzheimer et, à l’étage cortico-sous cortical, l’apraxie, plus précisément motrice et/ou bucco-faciale, est citée dans la Dégénérescence Cortico-Basale. Un autre enjeu important réside évidemment dans l’impact des troubles praxiques sur les activités de vie quotidienne des patients. Mais, là aussi les travaux sont rares. Par ailleurs, du point de vue théorique, plusieurs questions se posent sur la nature des troubles praxiques dans ces maladies. S’agit t-il des mêmes mécanismes impliqués que dans les pathologies vasculaires ? Sont-ils spécifiques ou participent t-ils d’un dysfonctionnement global, d’une difficulté d’accès aux connaissances ? Après une revue synthétique des travaux existants dans la Maladie d’Alzheimer et l’analyse de leurs limites méthodologiques et théoriques, cette présentation se consacrera à l’exposition des résultats préliminaires d’une batterie originale d’évaluation chez un groupe de patients présentant une Maladie d’Alzheimer probable à un stade léger à modéré. L’interprétation de ces résultats montrera la réalité et l’hétérogénéité des troubles d’utilisation dans cette maladie, motivant l’évaluation au cas par cas malgré l’étiquette commune. Ensuite, pour discuter plus en avant le rôle des connaissances sémantiques dans les facultés d’utilisation d’objets, nous présenterons quelques résultats d’un groupe de patients porteurs d’un diagnostic probable de Démence Sémantique. Nous évoquerons également les troubles praxiques et leurs rapports avec le syndrome parkinsonien dans les pathologies cortico-sous corticales. Enfin, nous discuterons des relations entre les différents troubles praxiques et les difficultés de vie quotidienne et de l’importance de leur mise en évidence pour l’évaluation de l’autonomie. En lien avec ces derniers aspects et la rareté des travaux nous conclurons sur les perspectives de recherche à venir dans le domaine de l’apraxie et des pathologies dégénératives.