Programme

CO53-009

Communication Orale

Facteurs de l’environnement et participation : le point de vue des personnes ayant une lésion cérébrale et une aphasie ainsi que celui de leurs proches.

Pr Guylaine LE DORZEa, Mme Christine ALARY GAUVREAUa, Mme Marie-Pierre TURCOTTEb, Mme Jeanne MASSICOTTEa, Mme Cynthia PERREAULTa, Pr Claire CROTEAUa

a Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation de Montréal, Université de Montréal, b École d'orthophonie et d'audiologie, Université de Montréal

Objectif. L'environnement physique, social et attitudinal dans lequel évolue la personne aphasique et ses proches a peu été étudié pour son impact sur leur participation. Or la participation--le fait de prendre part à des situations de vie réelle--ne serait pas seulement le fait de la sévérité des limitations physiques ou de communication de la personne aphasique1 mais également de la qualité de cet environnement. La présente étude explore la perception de personnes cérébrolésées et aphasiques et celle de leurs proches quant à l'impact de l'environnement sur leur fréquentation de centres commerciaux, une situation de participation. Méthode. Huit personnes avec aphasie et huit proches de personnes aphasiques ont participé à des groupes de discussion séparés en 3 à 5 individus. Les propos recueillis ont été analysés avec une méthodologie qualitative et classés selon les 5 facteurs environnementaux de la Classification Internationale du Fonctionnement, du handicap et de la santé de l’OMS. Résultats. Il ressort que l’aspect physique de l’environnement (par exemple, aménagements physiques mal adaptés, bruit ambiant, étroitesse des allées) est le premier obstacle à la participation des personnes aphasiques dans des lieux publics. Ensuite, les attitudes et les comportements du personnel et des autres clients s’avèrent aussi par moments défavorables à leur participation. Par exemple, le personnel ne s’adresse pas à la personne aphasique de manière à favoriser la communication. Par ailleurs, le facilitateur le plus important pour la fréquentation de ces lieux s’avère être l’aide fournie par les proches mais certaines attitudes comme le désir de protéger l’autre ou le manque de connaissances sur comment aider l’autre peuvent réduire la participation sociale des personnes aphasiques. Discussion. Pour le moment, les services de réadaptation prévoient peu d’activités de participation dans des lieux publics. Les résultats de cette recherche confirment que la réadaptation doit mieux intégrer les besoins des personnes en matière de participation sociale, ce qui contribuera à rendre la société plus inclusive.

1Le Dorze, G., Salois-Bellerose, E., Alepins, M., Croteau & Hallé, M.-C. (2014). A description of the personal and environmental determinants of participation several years post-stroke according to the views of people who have aphasia.Aphasiology, 28:4, 421-439.

Mots clés : participation, facteurs de l'environnement, aphasie, proches