Programme

CO38-002

Communication Orale

Analyse cinématique tridimensionnelle du mouvement du membre supérieur : faisabilité, résultats préliminaires chez le sujet sain et le sujet hémiplégique, perspectives

Dr Charlotte CHOTARDa, Mme Claire VILLEPINTEb, Dr Evelyne CASTEL-LACANALa, Pr Xavier DE BOISSEZONa, Pr Philippe MARQUEa, Dr David GASQb

a Service de Médecine Physique et de Réadaptation, CHU TOULOUSE, b Service des Explorations Fonctionnelles Physiologiques Sensori-Motrices, CHU TOULOUSE

Objectif: L’objectif de ce travail est de mettre en place une évaluation instrumentale validée et standardisée des mouvements du membre supérieur chez le patient cérébrolésé.

Matériel et méthodes: 16 sujets témoins et 15 sujets hémiparétiques (âge moyen = 54 +/-18,2 ans, Fugl-Meyer membre supérieur 41,4 +/- 12,4) ont bénéficié d’une analyse cinématique tridimensionnelle (marqueurs passifs, Optitrack). Une tâche de pointage et trois tâches de saisie (tourner une clé, saisie et déplacement d’une canette et d’un cube) ont été évaluées à vitesse spontanée et maximale. L’ensemble des paramètres segmentaires décrits dans la littérature ont été comparés entre sujets hémiparétiques et témoins, et entre côté parétique et côté sain, pour décrire l’approche, et la saisie.

Résultats: Concernant l’approche, les mouvements du membre supérieur parétique étaient plus lents, discontinus (nombre de pics de vitesse et de secousses de la main), moins directs (index de courbure de la trajectoire plus élevé) et associés à des compensations du tronc importantes (ratio tronc/main plus élevé). La durée, le nombre de secousses et le ratio tronc/main étaient les paramètres les plus discriminants entre membre parétique et membre sain / témoins, quelle que soit la tâche réalisée. Les compensations du tronc sont plus importantes lors des tâches de saisie que lors du pointage. Concernant la saisie, la durée de réalisation de la tâche (quelle que soit la tâche) est le facteur le plus discriminant entre membre parétique et membre sain / témoins, notamment pour la tâche visant à tourner la clé. Des altérations du mouvement du membre ipsilésionnel (considéré comme sain) des patients hémiplégiques ont également été mises en évidence. L’association entre les données cinématiques de la phase d’approche et les données cliniques (Fugl-Meyer, MAL, WFMT, ARAT) était plus marquée pour la tâche de saisie d’une cannette que pour les autres.

Discussion/conclusion: Nos résultats sont globalement comparables aux données de la littérature, mais suggèrent de privilégier l’utilisation de certains paramètres plus discriminants. Ce protocole d’évaluation standardisé est actuellement intégré en pratique clinique courante pour mieux en étudier l’intérêt dans le cadre de la mise en évidence des effets des traitements (toxine botulique, contrainte induite) et du pronostic de récupération.

Mots clés : Membre supérieur, analyse du mouvement, cinématique, pointage, préhension, hémiplégie