Programme

CO48-001

Communication Orale

Rééducation cognitive : données fondées sur les preuves

Pr Philippe AZOUVIa

a AP-HP, Hôpital Raymond Poincaré, service de MPR

La rééducation s’est beaucoup développée et fait partie aujourd’hui de la pratique clinique routinière en MPR.

Cependant, l’évaluation objective de l’efficacité de la rééducation cognitive se heurte à des insuffisances méthodologiques dans beaucoup d’études publiées : faible taille des échantillons, absence d’évaluation du transfert dans la vie quotidienne, durée limitée du suivi après l’arrêt du traitement, absence de contrôle des effets confondants.

Malgré ces limites, plusieurs revues d’experts et méta-analyse récentes permettent de dégager un certain consensus et des recommandations reposant sur un niveau de preuve acceptable. Globalement, les recommandations préconisent plutôt des rééducations spécifiques (excepté pour les troubles de la mémoire antérograde ou dysexécutifs très sévères qui ne peuvent être traités que par l’utilisation de stratégies de compensation). Ces traitements doivent être intensifs et réalisés de façon individuelle, à l’aide de matériel validé. Ils doivent être intégrés dans un contexte écologique pour favoriser le transfert en vie quotidienne. Ce type d’intervention apporte un bénéfice significatif par comparaison à la récupération spontanée, mais la taille des effets reste modérée à faible (effect-size autour de 0,3). Les interventions seraient plus efficaces précocement mais seraient également utiles en phase plus tardive, chronique.

D’autres facteurs sont à prendre en considération dans la prise en charge des troubles cognitifs : la conscience des troubles, la motivation, les troubles éventuels de l’humeur et du comportement, et la qualité du support familial et social.