Programme

P027

Communication Affichée

Greffe osseuse d’une tête fémorale par des fragments de paraosteoarthropathie neurogène

M. Damien MOTAVASSELIa, Dr Aurélie DIEBOLDa, Dr Alexis SCHNITZLERa, Dr Philippe DENORMANDIEa, Dr Mélanie POPOFFa, Dr Francois GENÊTa

a Hopital Raymond Poincaré

Introduction
Les paraosteoarthropathies neurogènes (POANs) sont une complication fréquente après lésions du système nerveux central (10 à 23% des cas après traumatisme crânien). L’ablation tardive des POANs de hanche pose parfois le risque de fracture du col et de la tête fémorale en per ou post-opératoire. En effet l’ankylose d’une articulation induit à terme la déminéralisation osseuse et sa destruction.
Observation
Un patient de 23 ans ayant subi en 2012 un TC sévère dans un contexte militaire présente de multiples POANs, en particulier aux deux hanches. Du côté droit, le scanner de bassin retrouve une POAN circonférentielle qui ankylose l’articulation. La POAN absorbe donc les contraintes sur la tête fémorale qui est en décharge, ce qui est pourvoyeur d’une perte osseuse quantifiée au TDM.
Pour des raisons fonctionnelles et de compression du nerf ischiatique, une indication opératoire d’excision est posée. Durant la procédure, il est retrouvé un col fémoral mou. Une greffe osseuse utilisant les fragments de la POAN est tentée par forage interne. L’intervention se termine par une neurolyse sciatique. Le programme de prise en charge en MPR a débuté après deux semaines d’alitement strict permettant le début de consolidation. Il est ensuite entamé un programme de mobilisation passive en flexion-extension avec un gain de 10° toutes les deux semaines. Les rotations et abductions-adductions sont strictement interdites durant les 6 premières semaines. A partir de 2 mois, une verticalisation progressive est entreprise. A 6 semaines, une radiographie du bassin démontre l’intégrité de la tête fémorale. Le patient est installé au fauteuil.
Discussion
Les POANs doivent être opérées dès qu’elles sont gênantes. Si la chirurgie est trop tardive, le patient s’expose à une ankylose articulaire qui complique le geste opératoire et ses suites. Dans ce cas, greffer l’os fragile avec des fragments de POANs semble être une alternative à explorer afin d’éviter la résection tête-col ou l’implantation d’une arthroplastie de hanche. Une rééducation extrêmement prudente semble toutefois nécessaire.

1.Genet F, et al. Impact of late surgical intervention on NHO of the hip after traumatic neurological injury. JBoneJtSurgBr. nov2009;91(11):1493?8.
2.Carlier RY, et al. Ankylosing neurogenic myositis ossificans of the hip. An enhanced volumetric CT study. JBoneJtSurgBr. mars2005;87(3):301?5.

Mots clés : Paraosteoarthropathies neurogènes, POAN, ankylose, greffe osseuse, MPR, rééducation, tête fémorale