Programme

CO21-003

Communication Orale

Freins à la reprise du sport aprés rupture du ligament croisé antérieur chez les patients opérés vs non opérés

M. Olivier UCAYa, Dr Sophie GLEIZES CERVERAb, Mlle Alice RENAULTc, Dr David GASQd

a CHU de Rangueil - Médecine physique et de réadaptation, b Clinique Medipole Garonne – 45 rue de Gironis – 31100 Toulouse, c Kinesitherapeute diplomée d'état, d Hopital de Rangueil - Explorations fonctionnelles physiologiques 1, avenue du Professeur Jean Poulhès - TSA 50032 - 31059 Toulouse cedex 9

Introduction: La reprise sportive suite à une rupture du ligament croisé antérieur (LCA) opérée ou non, est inférieure à celle attendue malgré de bons scores fonctionnels. Les freins à la reprise sportive ont été peu étudiés chez les non-opérés.

Objectifs: comparer les freins subjectifs et objectifs à la reprise chez des patients opérés ou non d'une rupture du LCA.

Méthodes: Ont été inclus les patients après rupture de LCA dans un délai de 6 mois à 2 ans si traitement fonctionnel, de 1 à 2 ans et demi si traitement chirurgical. La reprise du sport (principal, au niveau antérieur, en compétition, pivot-contact) était évaluée de manière déclarative ainsi que sur la variation du volume d’activités (score de Tegner * heures de pratique hebdomadaire). Les freins subjectifs (raideur, douleur, gonflement, instabilité, manque de force, motivation ou de temps, appréhension) et objectifs (démographiques, cliniques, scores fonctionnels et psychologiques) étaient recueillis.

Résultats: 18 patients non opérés (femmess 61%, âge moyen 38 ans, loisir) vs. 40 opérés (hommes 77%, âge moyen 32 ans, compétiteurs) ont été inclus à 20 mois de la blessure et à 15 mois de la chirurgie. La reprise du sport de leur sport principal concernait 50% chez les non opérés vs 45% pour les opérés (p<0,05), au niveau antérieur chez respectivement 33% vs 67% (p =0,1), à un niveau global d’activités physiques au moins équivalent au niveau antérieur chez 61% vs 18% (p=0,002). Les principaux freins subjectifs mis en évidence étaient respectivement l'appréhension (73 vs 59%), le manque de temps (27 vs. 36%) la douleur (33 vs. 23%), le manque de motivation (27 vs 9%, p<0,05) et de force ( 7 vs 14%). Les freins objectifs chez les opérés étaient une raideur en flexion (p=0,01), une longueur du saut monopodal diminuée (p=0,008), une amyotrophie quadricipitale (p=0,004) et une estime de soi dégradée (p=0,001). Chez les non-opérés des scores IKDC (71, p=0,01) et KOOS (94, p=0,008) faibles.

Conclusion :Les facteurs psychologiques (appréhension, estime de soi) sont des éléments importants qui influent la reprise du sport. Ces facteurs devraient être pris en compte pour orienter le traitement (chirurgical, conservateur) dans les suites d’une rupture du LCA.

Mots clés : ligament croisé antérieur, opérés, non opérés, freins, reprise du sport