Programme

CO37-005

Communication Orale

Les immobilisations postopératoires en neuro-orthopédie: quel compromis dans le temps?

Dr Philippe DENORMANDIEa, Dr Flavia COROIANb

a Service de chirurgie orthopédiue, CHU Raymond Poincaré, Garches, b Département de MPR, CHU de Montpellier

Les immobilisations postopératoires chez les patients cérébro-lésés sont classiquement souvent nécessaires en raison des gestes tendineux ou ostéoarticulaires qui sont réalisés pour la correction de déformations.

Plusieurs questions se posent par rapport aux spécificités de ces patients.

- L'acceptabilité d'une immobilisation. Elle ne pose pas de difficultés aussi bien aux membres supérieures qu’inférieurs.

- L'impact de l'hypertonie. Celle-ci représente un vrai risque. Elle peut créer des contraintes majeures sous le plâtre responsables de lésion cutanée. Cela impose une surveillance étroite et surtout de ne pas se contenter du plâtre réalisé sous anesthésie. Il est impératif de refaire un plâtre le lendemain pour l'adapter aux contraintes hypertoniques et au besoin toxiner des muscles délétères soupapes

- le respect de la décharge. C'est parfois illusoire chez certains patients ayant eu une arthrodèse. Cela n'a pas de conséquence si le plâtre a été renforcé et adapté à la situation

- le risque de déconditionnement: il est réel et impose un programme de rééducation actif au besoin en centre en postopératoire immédiat.

- La gestion de la douleur et de la cicatrisation : une immobilisation bien faite permet au mieux de gérer l'indolence et d'éviter des souffrances cutanées; il faut cependant accepter d'éventuelles corrections progressives sous plâtre pour éviter les contraintes cutanées excessives. Et savoir d'abord utiliser une immobilisation en plâtre plutôt qu'en résine. Cette dernière est beaucoup plus rigide et parfois moins bien tolérée.

Il n'y a donc pas de contre-indication à l’immobilisation. Mais il faut savoir être à l'écoute des signes qui laissent suspecter un problème sous plâtre et ne pas hésiter à ouvrir si on a le moindre doute Cela impose des informations claires à l'ensemble des équipes qui prennent en charge en postopératoire ces patients.