Programme

CO53-008

Communication Orale

Un traumatisme crânien sévère s’accompagne d’une atrophie cérébrale même en l’absence de lésions focales

Dr Alexis RUETa, Dr Françoise JOYEUXb, Dr Corinne JOKICb, Dr Shailendra SEGOBINc, Pr Béatrice DESGRANGESc, Pr Francis EUSTACHEc, Dr Anne-Lise PITELc

a Service de médecin physique et de réadaptation, CHU de Caen, France, b Service de médecin physique et de réadaptation, CH Louis LACAINE Donation LEROQUAIS, Aunay sur Odon, France, c Inserm, EPHE, Université de Caen/Basse-Normandie, Unité U1077, GIP Cyceron, CHU de Caen, France

Introduction :

Les traumatismes crâniens sévères entrainent fréquemment des troubles cognitifs et du comportement gênant la vie quotidienne et la reprise du travail. Ces séquelles peuvent survenir en l’absence de lésion cérébrale focale au scanner. L’objectif de cette étude est d’utiliser l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour déterminer si des modifications de volume cérébral examiné voxel par voxel sur l’ensemble du cerveau pourraient expliquer ces altérations cognitives et comportementales.

Matériel et méthodes :

Une IRM cérébrale T1 à 1,5T a été proposée à 8 traumatisés crâniens sévères adultes (GCS≤8) sans lésion au scanner initial (CT) et à 17 sujets sains appariés en âge. Les patients présentaient une efficience intellectuelle préservée (PM38) mais des troubles du comportement de type dysexécutif (échelle de Lhermitte). Les participants ont également bénéficié d’une évaluation des capacités de mémoire épisodique (RL-RI-16 items) et d’épreuves exécutives (classiques et écologiques). Les volumes de substance grise et de substance blanche des 8 patients ont été comparés à ceux des 17 sujets contrôles dans une analyse statistique voxel par voxel (VBM5, Statistical Parametric Mapping, SPM).

Résultats :

Les patients avaient des résultats anormaux sur les tests mnésiques et exécutifs. Comparés aux sujets contrôles, les patients présentaient une atrophie de la substance grise (p<0.001, non corrigé pour les comparaisons multiples, k=200) affectant la région parahippocampique droite, le cervelet, les thalami et les noyaux caudés. L’atrophie de la substance blanche se situait dans le corps calleux, la corona radiata, le fornix, le mésencéphale et la protubérance. Le cortex cérébral était relativement préservé, même en région frontale.

Discussion :

Même en l’absence de lésions focales au scanner, les patients traumatisés crâniens sévères ayant des troubles comportementaux présentent des troubles de la mémoire épisodique et des fonctions exécutives associées à une atrophie de la substance grise et de la substance blanche sous-corticale et cérébelleuse. Cette atteinte structurale qui intéresse surtout les régions profondes pourrait expliquer les troubles comportementaux chez ce groupe de patients. Une atteinte des régions clés et des connexions des circuits fronto-sous corticaux (mais pas systématiquement du cortex frontal) après un traumatisme crânien grave pourrait ainsi expliquer des troubles du comportement dysexécutif.

Mots clés : LCT (Lésion cérébrale traumatique), IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), troubles cognitifs