Programme

CO23-007

Communication Orale

Spasticité ou syndrome des jambes sans repos ?

Mlle Elsa MAURUCa, Dr Maria Antonia QUERA-SALVAa, Dr Angélique BROTIERa, Dr Caroline HUGERONa, Dr Célia RECHa, Pr Djamel BENSMAILa

a Service de MPR, Unité blessés médullaires, Hôpital Raymond Poincaré,AP-HP, Université de Versailles Saint Quentin.

Introduction: Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est un trouble sensitivomoteur caractérisé par un besoin impérieux de bouger les membres (classiquement les jambes), associé à des sensations désagréables, parfois douloureuses en fin de journée ou début de nuit. Des mouvements périodiques des jambes (MPJ) peuvent être associés, durant le sommeil; se caractérisant par un mouvement d’extension de l’hallux, flexion dorsale de la cheville et parfois une flexion du genou et de la hanche. La physiopathologie du SJSR n’est pas entièrement élucidée.

Dans la littérature, des études ont mis en évidence une prévalence augmentée du SJSR chez les patients blessés médullaires (BM) ou Sclérose en Plaque (SEP).

Objectif : Faire le diagnostic de spasticité ou SJSR chez des patients se plaignant de spasmes répétés à prédominance nocturne adressés initialement en consultation pour spasticité résistante au traitement pharmacologique.

Méthode: Etude prospective, de Mars 2014 à Mars 2015, monocentrique, dans le service de MPR de l’hôpital Raymond Poincaré. Les critères d’inclusion: âge supérieur à 18 ans, blessés médullaires, SEP, ayant des spasmes à prédominance nocturne. Les critères d’exclusion : existence d’escarres, impossibilité de réalisation d’un enregistrement polysomnographique.

Les patients adressés en hôpital de semaine pour des spasmes à prédominance nocturnes résistants au traitement pharmacologique per os de la spasticité, voire même à la thérapie intra-thécale (IT) par baclofène IT, associés à des troubles du sommeil, bénéficiaient d’une polysomnographie. En cas de SJSR, 0.18 mg de pramipexol était administré au patient, suivi d’une polysomnographie de contrôle.

Résultats : 11 patients : 5 SEP, 5 BM et un patient atteint d’une paraplégie spastique familiale furent inclus. Tous avaient un enregistrement polysomnographique en faveur d’un SJSR. Une amélioration significative fût ressentie par 10 patients, avec une réduction significative des MPJ sur la polysomnographie de contrôle, après administration du pramipexol.

Discussion : Cette étude pilote montre que le SJSR peut représenter un diagnostic différentiel de la spasticité. La présence de spasmes, nocturnes ou lors du décubitus, chez un patient atteint de lésions du système nerveux central de type BM ou SEP doit faire rechercher un SJSR puis tester l’effet d’agonistes dopaminergiques en cas de diagnostic positif.

Mots clés : syndrome des jambes sans repos; spasticité;SEP; blessé médullaire; agoniste dopamonergique