Programme

CO52-004

Communication Orale

Pertinence du mode excentrique sur dynamomètre isocinétique

Pr Jean-Louis CROISIERa, Dr Jean-François KAUXa, Pr Jean-Michel CRIELAARDa, Pr Bénédicte FORTHOMMEa

a Département des Sciences de la Motricité - Université de Liège

En conditions dynamiques, le dynamomètre isocinétique autorise des contractions en modes concentrique et excentrique. La réalisation de tests excentriques semble pertinente pour certains groupes musculaires impliqués dans une action frénatrice lors de gestes spécifiques. Dans les suites d’une lésion des muscles ischio-jambiers, l’évaluation isocinétique excentrique de ce groupe musculaire révèle parfois un déficit résiduel significatif alors que la performance concentrique apparaît normalisée. Dans le but d’une étude plus fonctionnelle de l’équilibre agonistes / antagonistes, un ratio mixte ischio-jambiers excentrique / quadriceps concentrique est parfois proposé. Ce ratio mixte s’avère très discriminant et sa réduction constitue un indicateur d’un risque lésionnel accru sur les muscles ischio-jambiers.

L’évaluation excentrique peut concerner d’autres groupes musculaires tels les rotateurs d’épaule chez les sportifs impliqués dans les gestes d’amer - lancer. Diverses disciplines sportives s’accompagnent d’une réduction du ratio mixte Rotateurs externes excentrique / Rotateurs internes concentrique. Une étude prospective récente dédiée au volleyball identifie l’insuffisance excentrique des rotateurs internes et des rotateurs externes comme facteur de risque d’une lésion ultérieure d’épaule.

L’évaluation de groupes musculaires spécifiques en mode excentrique semble donc judicieuse dans le suivi isocinétique de certains sportifs, à des fins de prévention primaire. Après blessure, cette évaluation excentrique peut constituer un des critères autorisant le retour au sport.

En rééducation, des programmes excentriques sous-maximaux s’utilisent dans plusieurs contextes pathologiques. Diverses tendinopathies bénéficient, au stade chronique, de tels programmes qui visent à une adaptation du tissu lui permettant de mieux supporter les contraintes imposées lors de gestes sportifs ou professionnels spécifiques. Le programme comporte un grand nombre de répétitions et le traitement requière un nombre élevé de séances (régulièrement plus de 20). Après déchirure musculaire, un programme excentrique très sous-maximal (10 - 20 % du maximum) peut également être initié précocement (3 - 5 jours post-lésionnels). L’objectif est de favoriser le processus de cicatrisation et, en particulier, l’orientation des fibres.

L’intérêt du dynamomètre isocinétique pour ces programmes sous-maximaux réside dans la gestion rigoureuse des paramètres clés, à savoir l’intensité des contractions, la vitesse et l’amplitude du mouvement.

Mots clés : Isocinétisme, excentrique, prévention, évaluation, rééducation