Programme

CO53-004

Communication Orale

Déficits hypophysaires à distance des traumatismes crâniens légers et devenir global

Dr Odile KOZLOWSKI MOREAUa, Dr Etienne ALLARTa, Dr Walter DAVELUYa, Dr Marc ROUSSEAUXa

a CHRU LILLE

Objectifs : Les objectifs de l’étude étaient de déterminer la prévalence des déficits hypophysaires chez les patients ayant des plaintes cognitives, une fatigabilité et/ou des troubles de l’humeur à distance d’un traumatisme crânien léger (TCL) et de rechercher des corrélations entre anomalies endocriniennes, caractéristiques de la population, l’imagerie et l’autonomie.

Méthode : 38 patients ont été évalués : 25 hommes, d’âge moyen 36 ans (entre 21 et 60 ans), en moyenne à un délai de 23 mois après le TCL (entre 9 et 40). 44% étaient classé GOS 1, 47% GOS 2 (handicap modéré) et 7.9% GOS 3 (handicap sévère). 15 patients travaillaient. Pour chaque patient, ont été évalué les lésions au scanner et à l’IRM cérébrales, le niveau de GOS, le niveau d’autonomie (questionnaire EBIS) et les fonctions hypophysaires (tests statiques et dynamiques).

Résultats :aucun ne présentait de déficit post-hypophysaire. Un (2.6%) présentait une hyperprolactinémie, deux (5.3%) un déficit gonadotrope, sept (18.4%) un déficit thyréotrope. Neuf patients (23.7%) avaient un déficit corticotrope partiel (diagnostiqué par une hypoglycémie insulinique ou un test à la métopyrone). Un déficit sévère en hormone de croissance (GHD) a été diagnostiqué chez 9 patients (23.7%) par une hypoglycémie insulinique ou un test à l’arginine+GHRH. Le déficit en GH était isolé dans 39% des cas. Au total, 23 patients (60.5%) présentaient au moins un déficit hypophysaire justifiant d’un traitement substitutif.

La présence d’un déficit hypophysaire était uniquement corrélé avec l’âge (positivement p=0,01) et la présence d’un œdème au scanner initial (p=0,044). Aucun lien n’a été mis en évidence avec l’autonomie dans les activités élaborées, le score de GOS et les données IRM à distance.

Conclusion : chez les patients TCL présentant des troubles cognitifs, une fatigabilité et/ou des troubles de l’humeur, la probabilité de présenter un déficit hypophysaire est élevé, ce qui justifie la réalisation systématique de tests diagnostiques spécifiques

Bibliographie  : Lasting Pituitary Hormone Deficiency after traumatic brain injury. O Kozlowski Moreau; E Yollin; E Merlen. Journal of neurotraumato 29 : 81-89 (january 1, 2012)

Mots clés : traumatisme crânien léger, déficits hypophysaires, troubles neuropsychologiques, fatigabilité, participation