Programme

CO51-006

Communication Orale

Troubles du comportement social et délinquance après lésion cérébrale acquise dans l'enfance: recherche de facteurs favorisants. Une étude rétrospective à partir de 40 cas

Dr Clémence LEFÈVRE-DOGNINa, Dr Hanna TOUREb, Dr Dominique BRUGELb, Dr Anne LAURENT-VANNIERa, Mme Valentine VERDIERb, Dr Mathilde CHEVIGNARDa

a Service de Rééducation des Pathologies Neurologiques de l'Enfant - Hôpitaux de Saint Maurice – 14, rue du Val d’Osne – 94410 Saint Maurice, b Centre de Suivi et d’Insertion pour Enfants et Adolescents victimes de Lésions Cérébrales Acquises - Hôpitaux de Saint Maurice – 14, rue du Val d’Osne – 94410 Saint Maurice

Introduction

Les lésions cérébrales acquises (LCA) dans l’enfance, et particulièrement les traumatismes crâniens (TC), sont responsables de troubles cognitifs et comportementaux sévères et très invalidants, parfois compliqués de comportements violents et/ou délinquants. Nos objectif étaient de recenser les patients avec LCA dans l’enfance, ayant subi ou commis des délits et de décrire les caractéristiques de cette population.

Matériel-Méthodes

Recensement rétrospectif des patients avec LCA pris en charge dans un service de MPR, ayant par la suite eu un contact avec la police/justice, et recueil des caractéristiques démographiques, lésionnelles, neurologiques, neuropsychologiques et scolaires, ainsi que des infractions commises/subies par la suite.

Résultats

Nous avons recensé 40 patients (36 garçons) : 34 TC (27 sévères), 4 tumeurs cérébrales, 1 accident vasculaire cérébral frontal et 1 anoxie cérébrale ; âge moyen de survenue 9,7 ans [DS=4;(2,1-15,7)]. Aucun des deux parents n’avait le baccalauréat dans 88% des cas. La moitié des enfants avait des difficultés scolaires antérieures et 30% avait déjà redoublé. Le tableau neurologique initial était sévère et 76% présentaient des troubles du comportement dès l’hospitalisation en MPR. L’atteinte cognitive était majeure, avec un quotient intellectuel total (QIT) moyen initial de 73,1 (+/-12,8) et de 77,4 (+/- 13,4) à distance. La vitesse de traitement était particulièrement faible [73,2 (+/-15,4)] et n’évoluait pas dans le temps. 62% des patients ont nécessité une scolarité adaptée et/ou spécialisée après l’hospitalisation. Après un suivi moyen de 8 ans et demi, seuls 6 patients suivaient une scolarité ordinaire et 8 étaient déscolarisés. Les 4 filles étaient victimes, les 36 garçons étaient agresseurs, dont 3 avaient été victimes avant le délit. Les infractions étaient majoritairement des cas de violence (56%), mais comportaient aussi des vols, délits de la route, agressions sexuelles, trafics et consommations de drogue et actes de vandalisme.

Discussion

Les enfants victimes de LCA ayant commis ou subi une infraction sont majoritairement des garçons de faible niveau socio-économique, connaissant des difficultés scolaires et sociales antérieures à leur lésion, victimes de TC sévère responsable de déficits cognitifs et troubles comportementaux majeurs. Une prise en charge pluridisciplinaire de l’enfant et de son entourage à long terme est essentielle.

Mots clés : lésion cérébrale acquise, enfant, troubles cognitifs, troubles du comportement, délinquance, violence, devenir scolaire