Programme

CO53-001

Communication Orale

Antécédents de traumatisme crânien dans une population de détenues en France. Résultats de l'étude Fleury TBI.

Dr Eric DURANDa, Mme Laurence WATIERb, Dr Anne LÉCUc, Dr Michel FIXc, Dr Jean-Jacques WEISSd, Dr Mathilde CHEVIGNARDe, Pr Pascale PRADAT-DIEHLf

a Service de MPR. Fondation hospitalière Sainte Marie, b Inserm, U 657, Paris, France, c UCSA des maisons d’arrêt de Fleury-Mérogis. Sainte Geneviève des Bois, France., d Centre Ressources francilien du traumatisme crânien. Paris, France., e Service de Rééducation des pathologies neurologiques acquises de l’enfant. Hôpitaux de Saint Maurice. Saint Maurice, France., f Service de Médecine physique et de réadaptation. Hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Paris, France.

Introduction

Les traumatismes crâniens (TC) représentent un enjeu de santé publique. La grande majorité des études portant sur les antécédents de TC dans des populations détenues concernent les hommes et peu d’études se sont intéressées aux femmes détenues, probablement en raison de la faible proportion de femmes en prison. En population générale, il est également plus souvent fait référence aux hommes qui représentent 3/4 à 2/3 des sujets ayant eu un TC. Cette étude concerne la prévalence des TC dans une population d’entrantes en prison.

Objectifs

  • Etablir la prévalence d’antécédent de TC dans une population d’entrantes en prison ;
  • Comparer cette prévalence avec celle de la population générale ;
  • Discuter des liens possibles entre TC et criminalité.

Méthodologie

Toutes les entrantes à la prison de Fleury-Mérogis, sur une période de 3 mois, ont été inclues dans l'étude. Un questionnaire rempli par le personnel de soins leur a été proposé au moment de l’examen médical d’entrée. Information et consentement ont eu lieu par oral. Les questionnaires ont été complétement anonymisés.

Résultats

100 questionnaires ont été analysés représentant une population de 88 adultes et 12 mineures. La prévalence d'antécédents déclarés de TC était de 21 %. La première cause de TC est représentée par des violences (35 %) et la majorité a eu des TC répétés. La prévalence de l'épilepsie était de 6,8 % pour les femmes adultes. Un suivi psychiatrique était déclaré par 11,4 % des femmes. Près d’un quart des femmes suivait un traitement anxiolytique (23,9 %) tandis que 13,6 % étaient sous antidépresseur. Les femmes adultes consommaient plus d'alcool que de cannabis (21,6 % versus 12,5 %). Un usage quotidien ou régulier d'alcool et de cannabis était retrouvé dans 9,1 % et 4,6 % des cas.

Conclusion

A notre connaissance, il s’agit de la première étude réalisée en France sur la prévalence des antécédents de TC dans une population de détenus et plus précisément de femmes détenues. Rejoignant ce qui est décrit dans la littérature, la cause principale des TC est en rapport avec des violences. La recherche dans ce domaine devrait se focaliser sur les moyens de prévention.

Mots clés : traumatisme crânien, prison, épilepsie, prisonnier