Programme

P044

Communication Affichée

Syndrome botulism-like : à propos d’un cas

Mme Albane PEROTa, Mme Bernadette PANGUYa, Dr Aurelie DURUFLEb, Dr Marie-Christine MINOT-MYHIEc, Dr Benoit NICOLASb, Dr Philippe GALLIENb

a Pole saint hélier, b Pole St Helier, c Cabinet neurologie

L’utilisation à visée thérapeutique de la toxine botulique A dans le traitement de la spasticité est bien connue. Elle inhibe la libération de l’acétylcholine au niveau de la jonction neuromusculaire entrainant ainsi une dénervation chimique et une paralysie du muscle (1). Ses effets restent habituellement loco-régionaux, néanmoins, de rares effets indésirables systémiques sont décrits dans la littérature. Nous rapportons ici un cas de syndrome botulism-like.

Monsieur D âgé de 39 ans est atteint d'une paralysie cérébrale infantile. L’indication d’injections de toxine botulique est posée devant un tableau associant varus équin bilatéral et spasticité des deux triceps suraux à 3 sur l’échelle d’Ashworth modifiée.

La première injection de toxine botulique est réalisée en septembre 2012, il reçoit 200 UI de Botox® dans chaque triceps sural. Devant un résultat satisfaisant, trois autres injections de toxine botulique avec le même schéma d’injection sont réalisées les 10 janvier, 20 septembre et 24 décembre 2013.

Monsieur D est revu en consultation le 20 janvier 2014 dans un contexte d'asthénie, de faiblesse musculaire, et de déficit des ceintures scapulaire et pelvienne. Un électromyogramme, réalisé le 18 février 2014, retrouve un tracé neurogène dans les deltoïdes. L’ensemble du tableau clinique et électrique est fortement évocateur d’un syndrome botulism-like. Le 26 mai 2014 un électromyogramme est réalisé alors que le patient a récupéré son état clinique antérieur. Celui-ci est normal.

Dans la littérature peu de cas de syndrome botulism-like ont été décrits. Le mécanisme exact physiopathologique reste mal connu.(2) Notre patient a développé ce syndrome botulism-like à la quatrième injection alors que la dose, la dilution et la technique d’injection sont identiques. Cependant, l’interrogatoire mené à la suite de cet évènement retrouve la notion d’une importante fatigue à la suite de la troisième injection sans que celui-ci n’ait fait le lien avec l’injection. Ceci montre l’importance de l’information et l’éducation de nos patients dans le cadre des injections itératives de toxine botulique.

1.Coban A, et al. Iatrogenic botulism after botulinum toxin type injections. Clinical Neuropharmacology.2010;33(3):158-60.

2. Yiannakopoulou E. Serious and long term adverse events associated with the therapeutic and cosmetic use of botulinum toxin. Pharmacology.2015;95:65-9.

Mots clés : botulisme like, spasticité, toxine botulique