Programme

CO37-004

Communication Orale

Les gestes à visée orthopédique et les gestes à visée neurologique en neuro-orthopédie : un seul temps ou deux temps séparés ?

Pr Christian FONTAINEa, Dr Michel-Yves GRAUWINa, Dr Etienne ALLARTb, Pr André THÉVENONb, Pr Patrick MERTENSc

a Pôle des neurosciences et de l'appareil locomoteur, b Pôle des rééducation et réadaptation fonctionnelle, c Service de Neurochirurgie

La chirurgie du cérébrolésés a été historiquement et reste souvent envisagée en deux temps : les gestes de neurotomie d’abord, pour réduire la spasticité ; les gestes orthopédiques ensuite, pour traiter les rétractions tendineuses, rééquilibrer les mauvaises balances musculo-tendineuses et, plus rarement, corriger les déformations instables ou fixées par des arthrodèses.

La conservation d’une telle stratégie en deux temps paraît encore justifiée :

- dans les cas où l’on peut croire a priori que le seul geste de neurotomie suffira;

- dans les cas difficiles, où tout le planning opératoire ne peut être que difficilement arrêté de façon certaine et où l’on peut préférer analyser la situation après le geste neurochirurgical, pour éviter des gestes orthopédiques peut-être pas indispensables ou mieux les proportionner à la sévérité du cas.

Dans tous les autres cas, une chirurgie combinée neurochirurgicale et orthopédique en un temps devrait être discutée, avec les avantages suivants :

- un seul temps opératoire, une seule anesthésie, une seule période d’immobilisation et une seule période de rééducation postopératoire ;

- un bénéfice rapidement acquis, ne nécessitant pas une seconde consultation pluridisciplinaire, une seconde programmation, avec les délais qu’elles entraînent.

À côté de cela, les inconvénients sont mineurs ils sont :

- d’ordre organisationnel : si les deux équipes sont différentes, l’un des deux praticiens doit se déplacer chez l’autre, et les deux chirurgiens doivent accorder leur agenda ; cela pose aussi la question du dépassement des clivages de spécialités, le neurochirurgien pouvant être formé à la réalisation de gestes orthopédiques simples, et l’orthopédiste à celle des neurotomies ;

- d’ordre financier (impossibilité de coter plus de 2 gestes alors que qu’une telle association peut nécessiter 4, 5 ou 6 gestes différents).

L’auteur présente l’expérience de l’équipe dans laquelle il travaille à la lumière de l’évolution des attitudes sur ces 10 dernières années. En conclusion, on peut se demander si le neurochirurgien ou l’orthopédiste intéressé à la neuro-orthopédie ne devrait-il pas connaitre les gestes simples sur les tendons ou sur les nerfs qui permettraient de faire des gestes mixtes en un temps sans obliger le recours à deux équipes ?