Programme

CO52-005

Communication Orale

Aspects délétères du travail excentrique sur dynamomètre isocinétique

Pr Jean-Louis CROISIERa, Dr Jean-François KAUXa, Pr Jean-Michel CRIELAARDa, Pr Bénédicte FORTHOMMEa

a Département des Sciences de la Motricité - Université de Liège

Si l’exercice excentrique sous-maximal ne semble pas présenter de risque particulier, le travail excentrique à intensité maximale peut s’accompagner d’un risque lésionnel majoré comparativement aux autres modes de contraction. Physiologiquement, la contraction musculaire excentrique maximale autorise le développement d’un moment de force maximum plus élevé, apparaissant par ailleurs en position d’allongement musculaire prononcé. Il s’en suit des contraintes majorées pour l’entité musculo-tendineuse mais aussi pour les autres structures articulaires. Malgré les systèmes de sécurité propres aux dynamomètres isocinétiques (adaptation de la résistance à la force développée, limitateur de couple, …), le risque lésionnel ne peut être négligé. Le choix de réaliser ou non un test excentrique doit considérer au moins : le type d’échauffement - familiarisation avant le test, l’âge du sujet, la fonction frénatrice ou non du muscle dans des gestes spécifiques, la nature des activités pratiquées, …

L’épreuve excentrique maximale pourrait occasionner une lésion musculaire instantanée. Ainsi une lésion quadricipitale a déjà été rapportée lors d’un test excentrique de ce groupe musculaire chez un joueur de football professionnel (lors d’un test à l’embauche) : une telle évaluation se justifie-t-elle ?

Après plastie du LCA, et tenant compte du mécanisme de tiroir antérieur, le test excentrique du quadriceps ne devrait être réservé qu’à des sports très spécifiques.

A l’épaule, l’évaluation excentrique des rotateurs s’accompagne fréquemment de plaintes, parfois incompatibles avec la réalisation du test à intensité maximale pour des raisons de sécurité et de validité des mesures. Ce type d’évaluation devrait concerner essentiellement des sportifs spécialisés, en dehors d’un contexte pathologique.

En parallèle aux tests, le dynamomètre isocinétique autorise également l’entraînement excentrique. Si le renforcement en mode excentrique permet une amélioration significative rapide pour ce mode de contraction, le transfert des gains vers les autres modes de contraction reste controversé. Par ailleurs, la réalisation d’exercices excentriques intenses et inhabituels s’accompagne régulièrement de DOMS (dont les conséquences fonctionnelles, bien que transitoires, peuvent perturber la rééducation ou l’entraînement sportif). Le rééducateur ne peut négliger cet effet indésirable et devra adapter les modalités de son programme de renforcement afin de réduire l’ampleur des DOMS et leurs conséquences.

Mots clés : Isocinétisme, excentrique, risque, évaluation, rééducation