Programme

CO43-003

Communication Orale

Transfert du tibial postérieur dans les paralysies des releveurs d’origine centrale : à propos de 17 cas

Dr Nadine NACHEFa, Dr Etienne ALLARTb, Dr Michel-Yves GRAUWINa, Dr Marc ROUSSEAUXb, Pr André THEVENONc, Pr Christian FONTAINEa

a Service d'orthopédie B, Hôpital R. Salengro, CHU de Lille, b Service de rééducation neurologique, cérébrolésions, Hôpital P. Swynghedauw, CHU de Lille, c Service de Médecine physique et de réadaptation, Hôpital P. Swynghedauw, CHU de Lille

Objectif : Evaluer, chez des sujets spastiques présentant une absence de contraction spontanée du tibial antérieur à la marche, l’efficacité du transfert du muscle tibial postérieur et ses effets indésirables sur la statique du pied.

Méthodes :

Dix-sept patients ont été revus rétrospectivement. Le délai moyen après l'intervention était de 69 mois (9-108). La moyenne d’âge était de 43 ans (26-61). Sept patients avaient présenté un AVC, 4 un traumatisme crânien, 3 un traumatisme médullaire, 3 patients souffraient respectivement d’une paralysie cérébrale, d’une tumeur cérébrale et de myélopathie cervico-arthrosique. Le tibial postérieur était transféré 9 fois sur le tibial antérieur, 5 fois sur le court fibulaire, une fois sur la capsule calcanéo-cuboïdienne et une fois sur le tibial antérieur et la capsule calcanéo-cuboïdienne. Trois arthrodèses talo-naviculaires et une double arthrodèse ont été associées.

Résultats : Il existait une réduction du besoin en appareillage (p=0,021), avec 9 patients sevrés de leur attelle. Le périmètre de marche était augmenté (p=0,031), avec 9 patients améliorés. La moyenne du score de satisfaction était à 2,7 (0-4). En moyenne, la position en flexion dorsale maximale active atteignait la position neutre genou tendu (-20 - 20), 6° genou fléchi (-10-20), l’arc de mobilité actif en dorsiflexion était de 9° (0-40) genou tendu, de 16,2° (0-40) genou fléchi et de 2,8° (0-10) à la marche Seul un sujet sur deux présentait un effet ténodèse pur du transplant à la marche. La force des releveurs était de 1,5 (0-5). Six patients présentaient une empreinte plantaire normale, 8 un pied creux et 2 un pied plat, sans aggravation par rapport à l’empreinte préopératoire. L’angle de Djian était de 119,5 (105-138), et l’angle d’arrière-pied de 7,7° en valgus. Il n’y avait pas de différence significative avec le pied non opéré.

Discussion :

Le transfert du tibial postérieur permet la réanimation de la dorsiflexion à la marche chez la moitié des sujets, au-delà de l’effet ténodèse qui est attendu chez le sujet spastique. On ne retrouve pas de tendance à la décompensation en pied plat valgus.

Mots clés : transfert du tibial postérieur, cérébrolésion, neuro-orthopédie