Programme

CO49-002

Communication Orale

Capacité de conduite après lésion cérébrale acquise: qui évaluer et comment?

Dr Anne-Claire D'APOLITOa, Pr Jean-Michel MAZAUXb, Dr Jean-Michel LE GUIETc, M. Catherine ROSSIGNOLd, Dr Michel BUSNELe, Dr Francis LEMOINEf

a AP-HP, b Université et CHU, c Centre mutualiste de Kerpape, d UGECAM Tour de Gassies, e Comete France, f Ugecam Centre Hélio Marin

Une lésion cérébrale acquise, telle qu’un accident vasculaire cérébral (AVC), un traumatisme crânien(TC), une anoxie ou une encéphalite, peut affecter les capacités de conduite d’au moins 300 000 personnes en France chaque année. Identifier les personnes à risque et discuter des méthodes d’évaluation ont été des préoccupations principales des recommandations élaborées au nom de la société de Médecine Physique et de Réadaptation (SOFMER) et d’autres promoteurs impliqués, selon le processus de la Haute Autorité de Santé (HAS).

Objectif. Déterminer, à partir de l’analyse de la littérature, qui devrait bénéficier d’une évaluation des capacités de conduite et comment la réaliser.

Méthode. 209 articles, parmi 326 références retenues, ont été analysés et discutés par un groupe de travail multidisciplinaire. L’avant-projet élaboré a été soumis à un groupe de lecture et amélioré conformément aux recommandations, puis soumis à la HAS.

Résultats. Il est conseillé aux personnes victimes de traumatisme crânien léger de ne pas reprendre la conduite dans les 24 premières heures.

Trois processus ont été définis :

- Processus A : examen médical afin de détecter des troubles moteurs et/ou cognitifs légers (la Montréal Cognitive Assessment a été recommandée), et vérification de l’acuité et du champ visuels.

- Processus B : évaluation globale des capacités de conduite incluant examen médical, tests cognitifs (attention, exploration visuelle, mémoire et fonctions exécutives) et évaluation sur route (parcours standardisé, d’au moins 45 minutes, différentes situations de conduite).

- Processus C : avis d’aptitude médicale par un médecin agréé par la Préfecture.

Pour les personnes victimes d’accident ischémique transitoire, d’AVC avec séquelles mineures : pas de conduite avant 15 jours et processus A + C . Pour les TC, AVC, anoxie ou encéphalite avec séquelles modérées ou sévères ayant nécessité une prise en charge rééducative : processus B + C.

Une négligence persistante n’apparait pas compatible avec la conduite. L’épilepsie et/ou l’hémianopsie représentent des contre-indications réglementaires à la conduite.

Discussion-Conclusion. Le groupe de travail a souligné la nécessité de valider une version française de batteries internationales d’évaluation telle que la Stroke Driver Screening Assessment, et de poursuivre les travaux sur les simulateurs de conduite.

Mots clés : conduite automobile, lésion cérébrale acquise, évaluation