Programme

CO41-005

Injections intravésicales de toxine botulinique de type A après échec d'entérocystoplastie d'agrandissement chez des patients neurologiques: une étude rétrospective multicentrique

Mlle Carine CICERONa, Dr Benjamin BERNUZb, Pr Gilles KARSENTYc, Pr Alain RUFFIONd, Dr Alexia EVEN SCHNEIDERe, Dr Véronique FORINf, Pr Xavier GAMÉg, Pr Christian SAUSSINEh, Dr Andrea MANUNTAi, Dr Véronique KEPENNEj, Pr Philippe GRISEk

a hôpital Renée Sabran, CHU de Lyon, b hôpital Léon Bérard, Hyères, c hôpital La Conception, CHU de Marseille, d Centre Hospitalier Lyon Sud, CHU de Lyon, e Hôpital Raymond Poincaré, f Hôpital Armand Trousseau, g Hôpital Rangueil, CHU Toulouse, h CHU de Strasbourg, i CHRU Pontchaillou, Rennes, j CHR de Huy, Belgique, k CHU de Rouen

Objectif.

L'entérocystoplastie d'agrandissement (EA) est un traitement de troisième ligne de l'hyperactivité détrusorienne neurogène (HDN). Lorsque le résultat d'une EA est incomplet ou s'épuise après une période d'efficacité initiale, des injections de toxine botulique A (BoNTA) dans la vessie agrandie ont été proposées en rattrapage. A ce jour, cette pratique n'a pas été évaluée dans la littérature. L'objectif de notre étude est de décrire la pratique et évaluer les résultats des injections intradétrusoriennes de BoNTA en complément d’une EA chez des patients porteurs d’une HDN réfractaire.

 

Matériel et méthodes.

Une étude rétrospective multicentrique a été conduite par les membres du  « Groupe de Neuro-Urologie de Langue Française » GENULF, au sein de 9 centres universitaires. Tous les patients (n=  27) présentant l’association d’une EA et d’une injection complémentaire de BoNTA dans le cadre d’une HDN ont été inclus.

Les données cliniques (épidémiologiques, chirurgicales, fonctionnelles) et uro-dynamiques (capacité cystomanométrique maximale, pression détrusorienne maximale à la 1° CNID et à la CCM, volume au 1° reflexe détrusorien et compliance) ont été collectées selon un questionnaire standardisé sur dossier.

 

Résultats.

27 patients atteints de diverses pathologies neurologiques ont été inclus : 12 malformations congénitales (spina bifida ou agénésie sacrée), 10 lésions médullaires, 2 scléroses en plaques, et 3 vessies neurologiques de cause non identifiée. L'EA était réalisée avec de l'iléon pour 16 cas et avec du colon pour 8 cas. Une cystectomie sus-trigonale était associée dans 15 cas. L'échec de l'EA était immédiat dans 11 cas et retardé dans 14 cas. En cas d'échec retardé, le délais moyen par rapport à l'EA était de 10,4 ans (1 - 26 ans). Les injections de BoNTA amélioraient les symptômes, complètement ou partiellement, dans 15 cas sur 27 (55,5%). Le succès clinique était associé à une demande de réinjection pour 14 patients (51,9%).

 

Discussion.

Dans notre étude, les injections intradétrusoriennes de BoNTA apportaient un bénéfice clinique significatif chez 55,5 % des patients. Les injections de BoNTA sont donc une option thérapeutique à considérer en situation de recours en cas d'HDN rebelle chez un patient ayant bénéficié d'une EA.

Mots clés : hyperactivité détrusorienne neurogène, entérocystoplastie, agrandissement vésical, toxine botulinique, vessie neurologique