Le Mot des Présidents

Madame, Monsieur,

L’intergénération est le socle, souvent ignoré car trop souvent naturalisé, de toutes les sociétés humaines, qui se sont toujours construites sur la transmission et la cohésion. Nos sociétés humaines sont éminemment intergénérationnelles. La famille, mais aussi le clan, le village… en étaient les lieux privilégiés, notamment parce qu’ils permettaient aux liens sociaux de se situer dans une certaine proximité et une certaine permanence. L’industrialisation a fortement bouleversé la persistance de ces liens, au profit d’une individualisation et d’une compétition économique entre les individus. Ont davantage « valeur » ceux qui produisaient la nouveauté, conduisant à une compétition entre générations et un isolement de celles qui n’étaient plus vus comme productifs, les personnes âgées, notamment parce que les familles (désormais réduites aux parents et enfants immédiats) se sont déplacées en fonction des lieux du travail. Ce raisonnement essentiellement économique faisait écran à la valorisation de ces autres sources de richesse d’une société, qui précisément circulent dans les liens intergénérationnels.

On peut dater de l’après seconde guerre mondiale, la volonté des pays d’agir en faveur de ces liens, tout d’abord par la mise en place des grandes politiques dites de redistribution et sociales, rendues de plus en plus nécessaires au nom d’une justice sociale, et parce qu’un fait nouveau fortement structurant faisait son apparition : l’allongement considérable de l’espérance de vie.

Plus récemment, voyons-nous les individus eux-mêmes, les citoyens, se ressaisir de cette question, et réinventer des modes et des lieux nouveaux du lien entre les générations. C’est donc dans les années 1990 que l’intergénération a connu un souffle nouveau, en particulier avec le lancement de l’année européenne de la solidarité entre les générations (1993). Ainsi, l’Europe est une force capitale pour l’avancement d’une nouvelle pensée intergénérationnelle constructive, à la fois sociale, politique et économique.

Dans un premier temps, les actions menées ont surtout consisté à encourager des rencontres ponctuelles entre jeunes et personnes âgées, l’objectif étant de partager une activité. La proximité et la solidarité sociale étaient au cœur de cette vision de l’intergénération au plus près des besoins de chacun.

C’est dans ce contexte que l’association ACLAP participe depuis de longues années à l’évolution de la réflexion en faveur de l’intergénération ; elle est devenue au fil du temps un espace de discussion et d’action en faveur de la relation intergénérationnelle comme élément moteur de la dynamique de notre société. Une étape importante a été franchie en 2009 avec la création du Réseau Intergénération de la région PACA (RIG) qui réunit une grande variété d’acteurs (associations, collectivités, mutuelles, entreprises…). Le travail partenarial qui y est mené est valorisé lors des rencontres intergénérationnelles en PACA (qui se déroulent tous les deux ans).

La biennale 2012 s’inscrit dans l’axe de réflexion européenne fixée par la Commission Européenne et a pour thème « Intergénéractions ! », à savoir « Le vieillissement actif et les solidarités entre générations ». Conférences, ateliers, tables-rondes, projections et animations contribueront à faire émerger des propositions démontrant combien les générations sont ensemble capables d’agir pour construire une société d’entraide. C’est dans l’intergénération que nous puisons notre passé, que nous avançons dans le présent, et que nous construisons l’avenir.

G. BOCCHINO
Président ACLAP
Promoteur RIG-PACA
S. MARTELLI
Présidente RIG-PACA